Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA SALLE DES LASERS
LA SALLE DES LASERS

LA SALLE DES LASERS

Pièce n°1998
Écrite par Argonath
Explorée par Rigel

Alors que je m’engouffrais avec hâte à l’intérieur de la pièce où une obscurité presque totale régnait, mon corps se heurta à une fine paroi mobile et souple. Les mains en avant, je trouvai la zone de chevauchement entre les rideaux qui me faisais face et délicatement, je pénétrai dans la partie principale de la salle. De l’autre côté, la noirceur aussi dense que précédemment était transpercée par de fines raies de lumière d’une pureté sans égale. Leur intensité était telle que les rares particules en suspension dans la pièce diffusaient la lumière tout azimut, révélant de massives tables percées de milles trous. Sur ces supports étaient vissés une quantité phénoménale de miroirs, filtres, lames et autres prismes, dirigeant, sélectionnant et modelant les faisceaux lasers. Ils étaient verts, bleus, rouges, jaunes, semblaient plus fins qu’un cheveu ou bien larges comme un doigt. Ils se croisaient se mélangeaient et se séparaient, parcourant de part en part ce laboratoire, en un temps que je savais inaccessible pour tout autre objet de l’univers. Subjugué par ce magnifique contraste, j’essayais de me concentrer sur le trajet de celui qui me semblait le plus intense : un laser d’un vert incomparable. Était-il réellement plus intense que les autres ou bien était-ce mes yeux qui étaient plus sensibles à cette couleur ? Sans creuser davantage cette question, je le suivais du regard et, alors que son périple semblait toucher à sa fin près d’un microscope, plus rien. Tout ce travail de sculpture de l’onde lumineuse réduit à néant dans le rideau entourant la partie centrale de la pièce. Bien que noire, la toile opaque laissait apparaître une tache verte qui scintillait à chacun de mes mouvements. Entre les contaminations manifestes de la salle précédente et le désalignement de ce laser, il semblait évident qu’un être peu précautionneux me précédait et laissait derrière lui un désordre difficilement perceptible à mon échelle mais dont les conséquences pouvaient remettre en cause tout ce lieu. Soudain, alors que j’avançais en me demandant quel était le but de ce saboteur, je sentis une vive brûlure sur ma joue, au niveau d’une zone découverte par la vitre de ma combinaison. Instinctivement, je me retirai et fermai les paupières de peur d’avoir été touché par un laser. Puis m’éloignant de quelques pas, je rouvris les yeux et recherchais la lumière responsable. Malgré mes efforts, je ne vis rien. De ma main droite, (la moins habile de mes deux mains) j’essayais de retrouver la zone précédemment occupée par ma joue. Après quelques mouvements circulaires, je sentis une chaleur intense sur mon auriculaire pourtant protégée par un gant sans pour autant percevoir le moindre éclat lumineux. J’en déduis donc qu’il existait un laser échappant au domaine du visible qui traversait à hauteur de visage les zones de circulation entre les tables. Craignant pour ma vision et les dégâts qu’un tel instrument pouvait provoquer, je me précipitais sur la jonction de rideaux la plus proche. En me glissant dans l’obscurité mes mains découvrirent la poignée d’une porte vers une autre pièce. Sans une hésitation, je l’ouvris pour fuir cette salle toute en contrastes.

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