Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA SALLE CONFORTABLE POUR LES EXPLICATIONS
LA SALLE CONFORTABLE POUR LES EXPLICATIONS

LA SALLE CONFORTABLE POUR LES EXPLICATIONS

Pièce n°2020
Écrite par Sol'stice
Explorée par Oscar C. T. Obre

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 2 : poème

 Contrairement au hall d’accueil, l’ambiance ici est bien plus confortable. J’y ai consacré beaucoup de temps, afin de contraster le plus agréablement possible avec les courants d’air et l’austérité que celles et ceux que je dois accompagner viennent de traverser. Sans compter tout ce qu’il y a avant la porte. Autant dire qu’après tout ça, tu m’étonnes qu’iels soient content-es de trouver un bon fauteuil pour se reposer, les pieds sur un épais tapis avec une décoration discrète mais réconfortante. Celui dont je viens d’hériter de la charge ne s’y trompe pas et prend immédiatement sur le siège, conformément à ce que j’ai prévu. Cependant, il ne s’appuie pas contre le dossier et reste plutôt au bord de l’assise, un pli se creusant de plus en plus sur son front. Il lève la tête vers moi quand je m’approche après avoir soigneusement fermé derrière moi.
 — Excusez-moi mais…
 — Oscar Charles Thomas Obre, pour vous servir, je récite fièrement.
 La confusion se lit sur son visage. Je comprends, ce n’est pas un nom habituel.
 — Soit. Je… Ce n’est pas ce que je voulais… Je suis où, exactement ?
 — Ahah !
 Mon exclamation le laisse perplexe. Il ne peut pas savoir que j’attendais précisément qu’il pose cette question, parce qu’iels posent tous-tes cette question, et je suis parfaitement prêt pour y répondre. Dégageant mes épaules vers l’arrière, je me racle la gorge et déclame :
 — Quel est le dernier souvenir que vous avez ?
 Question rhétorique, je n’attends pas de réponse de sa part, c’est une entrée en matière efficace pour impliquer directement mon auditoire. Je le vois pourtant froncer les sourcils et ouvrir la bouche, alors je me dépêche de continuer avant qu’il ne puisse m’interrompre.
 — Il est confus, n’est-ce pas ? Vous étiez occupé à une tâche du quotidien, au travail, en famille ou entre ami-es. Vous ne vous êtes certainement pas dit que vous deviez en profiter, car personne n’y pense avant. Et soudainement, sans prévenir, tout se termine. Enfin, vous êtes persuadé que tout se termine. Car ce n’est en réalité qu’un nouveau commencement et vous êtes ici…
 — Attendez deux minutes…
 Je m’arrête, profondément vexé qu’il ait eu l’audace de m’interrompre, et referme la bouche car il ne m’écouterait plus, trop concentré sur sa réflexion en cours.
 — Mon dernier souvenir, vous dites ?
 — C’était une question rhé-to-ri…
 — Je rentrais du travail. J’étais en train de monter les escaliers et… 
 Je connais la lumière qui s’allume dans son regard, iels ont tous-tes la même et la plupart du temps ça ne se passe pas bien. Je lève les mains en un signe d’apaisement, vérifie du coin de l’œil là où j’ai caché ma batte au cas où il devienne agressif.
 — Calmez-vo…
 — Que je me calme ?! Alors que vous êtes en train de me dire que je suis mort ?!
 Et voilà, on y est. Je lâche un profond soupir.
 — Oui, si vous le voulez, vous pouvez le dire comme ça même si ça manque cruellement de poésie. Vous êtes mort. Voilà, vous êtes content.
 Manifestement pas, car il se lève d’un bond du siège et se précipite vers la porte en courant.
 — C’est n’importe quoi ! Je refuse de rester un instant de plus ici !
 Et me voilà contraint de courir à mon tour pour pouvoir le suivre.

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