Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
L’ABRIBUS
L’ABRIBUS

L’ABRIBUS

Pièce n°2089
Écrite par Sol'stice
Explorée par Oscar C. T. Obre

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 19 : postiche

 La sévérité des intempéries est à la hauteur des prédictions du professeur MéAndO. Le journal n’est plus qu’un amas de papier trempé, illisible, que je jette dans la poubelle prévue pour le recyclage au bord de notre abri. Heureusement, les précipitations sont localisées et changer de pièce nous a permis de nous mettre au sec. Bien que sec soit un grand mot tandis que nous dégoulinons sans aucune élégance sur le carrelage. Au moins les relents odorants hérités du tonneau des Géants se sont effacés. Celui dont j’ai la charge garde les yeux écarquillés mais la bouche close après cette première intempérie post-mortem. Il réalise probablement que le froid et l’humidité ne l’atteignent plus autant que précédemment. Avec l’absence de faim ou de fatigue, il s’agit là d’un des nombreux avantages du postiche qui lui sert de corps temporaire pour sa transition post-mortem, en attendant qu’il décide ce qu’il adviendra de lui. Et c’est d’ailleurs le prochain sujet sur lequel nous devons nous pencher selon le protocole.
 — Bien. Maintenant que vous avez obtenu vos artefacts, il est temps de considérer votre avenir dans le Château.
 L’incompréhension se lit sur son visage, j’explicite alors en le désignant d’un geste de la main :
 — Vous n’allez pas pouvoir rester ainsi pour l’éternité. Vous allez devoir choisir ce que vous allez devenir. J’ai déjà pris rendez-vous avec une professionnelle qui saura vous aiguiller au mieux.
 Je vois bien que dans son regard il espère encore pouvoir repartir d’ici. Il pense à ses proches en serrant dans sa main ses artefacts dont il apprendra à faire correctement usage avec le temps. J’espère qu’il se fera rapidement une raison que personne ne quitte le Château car un tel déni est un handicap important. Il sait que je sais car il détourne les yeux au moment où notre bus s’arrête devant nous. Les portes s’ouvrent. Nous montons.

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