Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE CRÉMATORIUM FESTIF
LE CRÉMATORIUM FESTIF

LE CRÉMATORIUM FESTIF

Pièce n°2396
Écrite par Flominou
Explorée par Pinpin

J’entre dans le vaisseau et soudain, la gravité réapparaît.

Je m’écrase sur le sol du hangars, au milieu des chaises et des cadavres. Je me relève. Le sol bouge : c’est en fait un tapis roulant. On se dirige droit vers deux gigantesques fours. Entre les fours et là où j’ai atterri, des centaines de petits hommes oranges se baladent sur le tapis et séparent les chaises des cadavres. Les cadavres sont envoyés vers le premier four, logiquement intitulé « Crématorium », tandis que les chaises sont envoyées vers le second, beaucoup moins logiquement intitulé « Recyclage ». Des hauts parleurs diffusent en boucle la musique YMCA, mais chanté à la française, c’est-à-dire « Moi j’aime scier ». Saleté de French !

Je me cache entre les chaises, le temps de réfléchir à un plan d’action. Il faut que je trouve un exit. Tiens, mon anglais reviens, what a bonne nouvelle !

Soudain, la gravité augmente fortement. Je suis projeté contre le sol. Je ne peux plus me relever. Puis la gravité disparaît. Je flotte. C’est mieux, je préfère. Puis la gravité revient, mais en direction du plafond. Les chaises, cadavres, hommes oranges et moi-même tombons vers le plafond dans une pluie chaotique. Je manque de peu de me faire écraser. Certains hommes oranges n’ont pas ma chance, ou plutôt mon agilité et mes réflexes. La musique s’arrête.

– La capitaine pour l’équipage. Je répète, le capitaine pour l’équipage. Nous faisons face à un léger contretemps avec notre générateur de gravité artificielle. La situation devrait être résolue d’ici cinq minutes. Je vous tiens au courant.

Les hommes oranges protestent bruyamment :

– La dernière fois aussi, ça devait être résolu en cinq minutes et ça a pris deux semaines !

– Impossible de travailler dans de telles conditions, c’est inadmissible !

– Le syndicat sera mis au courant, ça je peux vous le dire !

– Tout le monde en grève !

The French workers… Les fours s’arrêtent. Au fond du crématorium, j’aperçois une porte de sortie. Okay, j’ai mon nouvel objectif.

Je me faufile discrètement entre les débris de chaises jusqu’à la porte et je sors.

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