Pièce n°2419
Écrite par Didou
Explorée par Hector
— RHAAAA !!!
De rage, j’enfonce la lame de mon couteau dans la porte qui me fait face. Elle s’incruste dans le bois avec une vibration qui fait trembler toute la pièce, comme si chaque élément de cette dernière était relié à tous les autres.
Je l’espère secrètement. Ainsi, ils connaîtront la plus terrible des souffrances lorsque j’y mettrai le feu. J’abats mon poing contre la porte, fais un pas de côté pour me placer devant la seconde.
L’instinct paternel est une connerie. Je n’ai pas la moindre idée de laquelle je dois emprunter et tandis que je perds du temps à choisir, Sora est en danger. Je trépigne, frappe à nouveau la porte. Un peu trop fort. Mes phalanges se brisent et la douleur remonte jusqu’à mon épaule. J’accuse le coup comme des gouttes de sang perlent de mon poing jusqu’au sol et ne peux retenir un hurlement de rage.
De longues, d’interminables minutes s’écoulent avant que je ne retrouve mon calme. Je souffle alors et, désespéré, incapable de ressentir le moindre lien qui me guiderait jusqu’à mon garçon, m’en remets au hasard.
« À droite. »
Je pose ma main sur la poignée de la porte. Et me fige soudain tandis qu’une voix résonne tout proche de moi.
Bâbord toute, bande de mollusques !
— Que…
Que ceux qui veulent prêter serment lèvent la main gauche. Au prochain croisement, ce sera à gauche. Votre fils est gaucher, cessez donc de le forcer à écrire avec la droite. J’ai été un peu gauche là-dessus, je veux bien le reconnaître.
Des dizaines de voix se confondent, se mêlent dans une cacophonie insupportable. Je glisse la main dans ma poche, d’où semble provenir ce brouhaha, et en sors un coquillage. Il vibre entre mes doigts et, comme je le fixe, son volume augmente.
Gauche ! Gauuuuche bordel !
Un sourire fleurit sur mes lèvres tandis que je renonce à la porte face à moi et me décale devant celle de gauche. J’ai compris le message, merci.
— Pas que je sois jaloux, je lance à haute voix. Mais comment tu as su ? Par magie ou instinct maternel ?
Le coquillage se contente de chauffer en guise de réponse. Je secoue la tête et récupère mon couteau en le délogeant d’un coup sec.
— Ok, j’avoue. Je suis peut-être un peu jaloux.
Et, tandis que le coquillage émet une nouvelle vague de chaleur, j’appuie sur la poignée de la porte et me précipite de l’autre côté.