Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE PARC OÙ JE PASSE UNE ANNONCE
LE PARC OÙ JE PASSE UNE ANNONCE

LE PARC OÙ JE PASSE UNE ANNONCE

Pièce n°2401
Écrite par Didou

C’est toujours à moi qu’on confie les tâches les plus nulles. Va trouver un Colporteur. Ils croient quoi ? Que je vais explorer tout le Château jusqu’à tomber dessus ? Puis v’là l’annonce quoi. Si je croise un de ces foutus scarabées, même pas sûr d’oser la lui refiler.

Parce qu’il est pas question que je perde mon temps, je me suis posé dans un parc. Là ou ailleurs, les chances de rencontrer un colporteur sont les mêmes de toute façon. Je maugrée, jette un œil autour de moi. Des types à l’allure étrange et au teint pâle se promènent sur ma droite. À ma gauche, un écureuil s’amuse à descendre et grimper le long d’un arbre tandis que face à moi… face à moi… bon sang de bordel !

Je me lève d’un bond et me précipite en avant. Dans ma course, je bouscule un gamin qui joue au ballon. Il tombe au sol en pleurant. Tant pis, pas le temps de m’arrêter.

— Une minute ! je crie alors que le Colporteur me tourne la carapace. Oh !

Je m’impose devant lui, le souffle court. En retour, il m’adresse un regard vide, regard qui s’allume toutefois d’une lueur jaunâtre lorsque je lui tends une pièce. Avant même que je n’aie pu parler et avec une rapidité que sa posture ne laisse deviner, il m’arrache la pièce des mains et la fait disparaitre dans un repli de sa carapace. Il me tend ensuite un Écho du Château.

— Non, je proteste. Je veux mettre une pub dans le prochain numéro, celle-ci, là, j’ajoute en lui donnant un bout de papier.

Il ne dit rien, n’a aucune expression. Je sais pourtant qu’il me juge en lisant ce que les gars de la Résistance ont choisi.

Faire des vagues, c’est la rigolade. Chez Régis Tance, on vous apprend l’art du ricochet. Appelez-nous !

— C’est lui Mômaaaan !

Je me détourne du Colporteur et étouffe un gémissement en voyant le gamin que j’ai renversé me montrer du doigt. Une dame à la musculature impressionnante le tient par sa main libre et se dirige droit sur moi.

— Faut que j’y aille, je glapis en détalant à toute vitesse. Oublie pas l’annonce !

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2 commentaires

  1. Ah oui, la Résistance n’est pas des plus discrètes pour ses publicités ! Je trouverais hilarant de lire une pièce avec quelqu’un qui découvre l’annonce et décroche son téléphone parce que oui, apprendre à faire des ricochets est son urgence du moment.

    1. Lev

      Oui pitié faites que ce soit une pièce !

      J’aime aussi beaucoup les analogies établies entre la Résistance et les perturbations d’ondes (dans l’eau, l’air, etc.)… Que ce soit des vagues, des ricochets, des grains de sables… Cela correspond parfaitement à la manière dont j’imagine que le Château perçoit les explorateurs (et, par extension, la Résistance) ! Comme des grains de sable dans un système parfaitement rodé… Et du coup ça me fait penser au spirit ocean côté Ordre 🙂

      Comme d’hab super chouette pièce en tout cas :-)) J’adore particulièrement la chute !

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