Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LES ANCIENS BUREAUX DES AFFECTATIONS
LES ANCIENS BUREAUX DES AFFECTATIONS

LES ANCIENS BUREAUX DES AFFECTATIONS

Pièce n°2110
Écrite par Sol'stice
Explorée par Oscar C. T. Obre

Pièce du Casteltober 2025 - Jour 25 : rival-e

 Les lieux sont vides. Pas seulement de vie, humaine ou autres, que l’heure tôtive ne saurait excuser. Les bureaux des affectations ne dorment jamais. Car non seulement il n’y a personne, et mais il n’y a également plus aucun meuble. Rien que le cube vide de ce qui devrait être une pièce bourdonnante d’activité débordée. De stupeur, je reste figé sur le pas de la porte. En voilà encore une surprise. Mauvaise, comme les autres. J’aimerais bien savoir ce que j’ai fait pour mériter que mon protocole et mon planning soient ainsi piétinés sans vergogne.
 — Regardez, il y a quelqu’un.
 Celui dont j’ai la charge a raison. Comme l’individu encombinaisonné seul dans le hall, il y a un homme, en bleu de travail, dans un recoin vers le mur du fond. Il semble fortement affairé, son travail ardu accompagné d’un chapelet d’injures dont chacun rivalise d’imagination avec la précédente. J’ai honte qu’il donne ainsi une aussi mauvaise image de notre administration et de ses artisans. Je m’approche.
 — Veuillez m’excuser. Pourriez-vous m’indiquer ce qu’il se passe ici ?
 Les insultes s’arrêtent tandis que l’ouvrier se tourne vers nous, un sourcil broussailleux levé et une pince à la main.
 — Vous n’avez pas eu le mémo ? Les bureaux ont déménagé.
 Non, bien sûr que je n’ai pas eu le mémo, avec toutes les perturbations à mon organisation et les détours que nous avons dû faire. Je prends cependant mon mal en patience, retiens un soupir inélégant et demande encore :
 — Il ne semblerait pas. Vous sauriez où ils ont déménagé ?
 — Quelque part vers le lac crépusculaire. Dites… vous êtes arrivés par cette porte ?
 Il pointe la porte que nous venons effectivement de passer, j’approuve donc. Son visage s’illumine.
 — Ça veut dire qu’il fait jour ? Enfin ! Je vais pouvoir rentrer !
 En me faisant la réflexion qu’il n’y a en effet pas de fenêtre ici, et du fait du déménagement, plus aucune horloge, je remarque les petits trous sur le mur, et l’aussi important nombre de chevilles tordues qui gisent au sol aux pieds de l’ouvrier. Je me rappelle des imposantes étagères qui couvraient précédemment le mur et je calcule rapidement le nombre d’accroches nécessaires pour les faire tenir. Des milliers, au bas mot. Ça ne semble cependant plus être le problème de l’ouvrier qui, après nous avoir salué, s’en va par la route des Près-de-Lune. Il ne nous reste également plus qu’à partir et rejoindre, par un énième détour, la nouvelle localisation des bureaux.
 — Venez. 

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