Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE BALCON SURPLOMBANT UN VIDE INFINI
LE BALCON SURPLOMBANT UN VIDE INFINI

LE BALCON SURPLOMBANT UN VIDE INFINI

Pièce n°2211
Écrite par Najcha
Explorée par Isil

Ma chute s’achève sur un balcon, dont je dérange quelques pissenlits. Loin du jardin aux simples et de sa splendeur discrète, les plantes ici sont franches, normées, bien implantées dans un terreau sombre, odorant et tristement banal. Je relève les yeux, juste à temps pour voir une silhouette de femme, dont le col échancré me semble découvrir un dos piqueté d’écailles, se glisser entre deux des barreaux et disparaître dans le vide. Je glisse un œil prudent vers l’extérieur mais me ravise bien vite : je me trouve au dessus d’une infinité d’étages, qui se multiplient à mesure que mon regard se déplace. Le sol est invisible, la femme aussi.

J’émerge de mon pot de fleurs et, me détournant de l’extérieur, dont l’issue semble fatale, j’avise le mur. Ni baie vitrée, ni porte, ni fenêtre : la paroi est parfaitement lisse. Suis-je coincée ici ? Je m’affale de frustration.
L’inventaire des pots de fleurs ne m’apporte guère de solution de sortie. Alors que je m’apprête à renoncer, mon regard se pose sur un coquillage, placé à l’endroit exact où la femme s’est enfuie. De taille imposante, sa nacre s’écaille sur sa partie inférieure, où je crois lire, gravé à la va-vite : « Masque exigé pendant toute la cérémonie »

Interloquée, je cherche à en lire plus mais rien : le reste de l’invitation a été effacé par le temps. Un seul mot apparaît encore, presque au sommet du coquillage. L’inscription est tracée plus en profondeur, nettement, comme si elle était plus récente. Un mot, quatre lettres : I S I L.
Je scrute encore longtemps le coquillage, en quête de réponses, mais le découragement finit par me gagner et, avec lui, un très lourd sommeil…

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