Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE BOCAL DU POISSON SEUL
LE BOCAL DU POISSON SEUL

LE BOCAL DU POISSON SEUL

Pièce n°2249
Écrite par Harry Queaut
Explorée par Particule 14

Nous m’a dit de nous mettre dans un être vivant. Nous a dit que ça n’était pas la première fois que nous nous mettions dans un être vivant, mais c’était ma première fois, et je crois que je n’aime pas beaucoup. 

Je ne te demande pas d’aimer, je te demande de faire

Oui, Nous, c’est vrai. 

Poisson

Oui, Nous, c’est vrai. 

Nous tourne en rond avec moi. Nous a déjà eu des écailles, mais pas moi (jusqu’à maintenant). Nous a déjà respiré avec des branchies aussi, mais moi pas, jusqu’à maintenant. 

Bocal. 

Ah ? 

Oui, pas de prédateurs.

Ah oui, Nous, c’est vrai. 

Je ne sais pas ce que c’est qu’un prédateur. 

Nous me partage nos souvenirs d’un autre Morceau. 

Je crie. Je fais crier le poisson. Il est tout seul dans son bocal, nous sommes tous seuls dans son corps dans son bocal, alors ça ne fait pas beaucoup de bruit.

BAHAHAHAHA

Oui, Nous. 

Ne dis pas “Oui, Nous” quand je ris, ça ne te regarde pas que je ris. 

Pardon, Nous. 

Le poisson nous emmène avec lui, dans une structure qui le couvre et cache. Je n’aime pas comment le poisson bouge, avec nous à l’intérieur, mais je ne veux pas embêter Nous, alors je n’y pense pas. 

La conscience de Nous n’est plus avec le poisson, ou avec moi. Je sens que nous sommes ailleurs, dans un espace exigu qui n’affecte pas l’incorporalité d’un autre morceau de Nous. 

Je me sens tout vide, tout froid sans la conscience de Nous sur moi. 

<< < Particule 14 > >>

Partager...

2 commentaires

  1. Le nom de ton explorateur me permet de mieux comprendre ses échanges avec Nous ! C’est une drôle d’expérience d’écriture que tu nous proposes, efficace et déconcertante à la fois. Je me rends compte à quel point il est inhabituel de lire un discours à la première personne du singulier, qui parle d’un nous et peut même s’y adresser, tout en étant implicitement destiné à un lecteur extérieur. Est-ce que ce sont des pièces difficiles à écrire ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *