Pièce n°2250
Écrite par Didou
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte > >>
Celle-ci est la dernière. La dernière pièce avant de tout arrêter. J’en ai assez fait comme ça et puis ça sert à rien de toute façon. On n’a pas assez de monde, on en aura jamais assez. Faut dire que je les comprends, ceux qui veulent pas s’engager comme moi, comme nous. Ça demande d’être un peu cinglé de se lancer là-dedans.
— Tempête Pourpre, tu me reçois ?
En parlant de cinglé… Je pousse un soupir, effleure du bout des doigts le talkie-walkie accroché à ma ceinture.
— Tempête Pourpre ?
C’est à cause d’elle que je suis là. J’ai jamais vraiment su lui dire non, jamais vraiment eu envie de le faire. Mais ça va changer aujourd’hui.
— Tempête Pourpre !
— Ouais, ouais, je grogne dans l’appareil.
Elle sait pas que je quitte le groupe après cette pièce. Ça va lui faire mal et moi, je veux pas lui faire mal. C’est juste que je peux plus. Je suis à bout de forces et je vois plus l’intérêt de tout ça. On a déjà perdu et des fois, même si c’est dur, faut savoir renoncer. C’est elle qui me disait ça. Dommage qu’elle s’en souvienne pas.
— Qu’est-ce que tu vois ?
— Le bout du tunnel ?
— Pardon ?
— Rien du tout, je me corrige. Il y a rien ici. Une salle de classe comme les autres.
— Tu sais qu’il va m’en falloir plus.
Je réponds pas tout de suite. À la place, je ferme les yeux et m’allonge sur l’estrade. Une, deux respirations. Assez pour que la nostalgie et l’enthousiasme du début viennent m’envahir. Ça s’arrête aujourd’hui mais bordel, qu’est-ce que je l’aimais cette bande de cinglés, moi.
— Il y a 34 bureaux, je récite de mémoire. 35 avec celui du prof. Un grand tableau noir. Il reste des traces de la dernière leçon dessus : les différences notables entre les petits grands et les grands petits nains. Le tas de conneries qu’on apprend aux gamins de nos jours… Il y a aussi un planisphère sur le mur, même s’il va pas y rester longtemps vu l’accroche. Du parquet sur le sol. Et une estrade ma foi fort agréable.
— Rien d’autre ?
« Un pauvre gars au bout du rouleau. »
Je retiens cette vérité et puis une autre aussi. Celle qui lui causerait tant de peine. D’un geste sec, j’arrache la plaque métallique autour de mon cou et la fixe longuement. J’ai été fier de la porter cette plaque. Fier qu’on ait tous la même, fier d’avoir pu partager ça avec eux. Si seulement ça avait pu fonctionner. Si seulement… si seulement on était resté les mêmes qu’au début.
— Tempête Pourpre ? Je…
J’éteins mon talkie-walkie. Lentement, très lentement, je me redresse puis dépose bien en évidence sur le bureau du prof mon signe d’appartenance à la résistance.
« Adieu les copains. J’ai adoré ces moments avec vous. Mais L’Ordre a gagné. C’est comme ça. »
La mort dans l’âme, je quitte la salle de classe.
Trop cool de réintroduire la Résistance ! (Même si ici elle commence par un abandon…)
Tu as bien raison, si l’Ordre recommence à être bien investi par nos auteurices alors il va falloir le contre-pouvoir pour équilibrer tout ça…
J’adore les pièces de Vent de Révolte pour le moment, elles sont super chouettes !
Hâte de découvrir où ça va, tout ça… Et d’y participer !
Héhé content que ça te plaise !
Et oui, ne pas hésiter à se resservir des persos (ceux encore en vie…) ou à présenter une autre branche de la Résistance !