Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
L’IMMENSE HALL D’EXAMEN
L’IMMENSE HALL D’EXAMEN

L’IMMENSE HALL D’EXAMEN

Pièce n°2296
Écrite par Harry Queaut

Scritch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-cr…

Le grattement ne s’arrête pas. C’est comme un brouhaha de conversation, mais de grattement. Des plumes sur du parchemin, des stylos-plumes sur du papier, des crayons de papier sur du papyrus. J’ai pris la forme d’un œil à pattes, sur le modèle d’une araignée que j’ai traversée avant d’atteindre cette pièce. L’espace est immense, je ne peux pas percevoir ses extrémités. Une lumière blanche semble provenir d’une fenêtre, mais je ne peux pas en distinguer, ni de murs. 

A quelques moments de moi, soudain, un grand bruit, un cri suivi d’un fracas. Toujours attaché au plafond, je me déplace dans la direction du cri. pitapatapitapatapatap, mes petites pattes adhésives sur le crépi du plafond. 

La source du bruit est évidente, une fois qu’on la surplombe : créature humanoïde qui tient un des ses membres dans un des ses autres membres, qui est tombée de sa chaise et se tortille par terre – autour de la créature tombée, certaines ont été déconcentrées et essayent le plus rapidement possible de se remettre à leur tâche. 

L’humanoïde tombé est rejoint rapidement par d’autres, qui eux sont silencieux. 

“Non ! Non, non, non,” crie-t-il lorsqu’il les voit arriver, “non ! Laissez-moi une chance, c’est juste une crampe, c’est juste une crampe, laissez-moi …! ARGH ! S’IL-VOUS-PLAÎT !” La crampe n’est pas encore passée. 

Trop tard… Les humanoïdes silencieux attrapent celui qui est tombé et l’escorte au loin. Vers une extrémité, peut-être. Il faudrait peut-être que je les suive, pour trouver une extrémité, mais je reste immobile, juste au-dessus du bureau rectangulaire, de la chaise, des copies, dont l’une porte une grosse tâche sombre qui coupe les tâches plus intentionnelles qu’on peut observer sur chacunes des copies sur chacun des bureau. L’humanoïde tombé a lâché son stylo en tombant, plume la première. Une tâche sur le sol, l’encre. 

…itch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-cri…

Je reste statique un moment, l’œil tournant pour constater toujours le mouvement à chaque table. C’est peut-être ça, l’odeur du désespoir dont pensait un des autres Morceaux… 

Et puis tout à coup ! :

“Pènçeulze Heup éveribodi ! Tahim ise Heup ! Finich’de ! Zi exam ise donne ! Tahimz Heup !”

Un grand bruit alors que la salle tout entière semble se lever, puis redevient immobile, mains (ou équivalent) vides et levées au-dessus de leurs têtes (ou équivalent). Les rares créatures récalcitrantes (un pour quatre cents, pas plus), voient une trappe s’ouvrir sous elles. Quelques secondes plus tard, leurs tables et chaises réapparaissent, débarrassées. 

Des machines, attachées sol, avançant sur des rails, ramassent les copies des créatures immobiles (sont le volume va de la liasse à la feuille volante) et quelques trappes s’ouvrent ici et là en dessous de celles qui laissent retomber leurs bras (ou équivalents). 

Un moment passe. Un autre. Une sonnerie mécanique retentit et les créatures semblent d’un coup parler toutes à la fois, se retournant vers leurs voisines pour discuter le sujet, les réponses, la structure- Nouvelle sonnerie ! Le silence revient, toutes les créatures regardent à nouveau droit devant elles, se tenant droites entre leur chaise et leur bureau. 

“Éveribodi mouve, naho !” 

Immédiatement, toutes s’exécutent en réponse au commandement, se déplaçant jusqu’au bureau suivant sur la droite. Quelque part, vers l’extrémité droite, des hurlements de panique retentissent. 

Comme une respiration et puis, à nouveau, scritch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-critch-cri

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2 commentaires

    1. j’avoue que pour cette pièce là, j’ai pas vraiment de rime ou raison, c’était plus sponsorisé par mon passage du capes récemment (qui évidemment, ne s’est pas passé comme ça du tout, mais pour l’ambiance grande salle d’examen sérieuse et tout….) et j’ai trouvé ça rigolo de divaguer hehe

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