Pièce n°2084
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Je suis la chevaucheuse à petits pas, pressés pour tenir la cadence des siens, dans une immense pièce qui ressemble à un hall de gare. Il y a encore plus de personnes qui lui ressemblent, affairées à naviguer entre là d’où nous venons et les différents étals qui bordent les lieux. Chacun ressemble à une minuscule échoppe, et à chaque comptoir s’échangent des parchemins et de multiples objets, de toutes tailles, de toutes sortes. Ma guide fend la foule, je profite du sillage qu’elle ouvre, et semble se diriger vers un étal en particulier, tout au fond. Je voudrais lui demander ce qu’il se passe, j’ai peur qu’elle me sème et d’être encore plus perdu que je ne le suis. Mes respirations chaotiques produisent de petits nuages de vapeur qui tendent à s’estomper tandis que l’atmosphère se réchauffe et se charge de mille odeurs, remplaçant celle du foin mouillé. Enfin, elle s’arrête à un comptoir, pose dessus avec force un paquet tiré d’une de ses poches ainsi qu’un parchemin, tapant deux fois sur le bois pour attirer l’attention de celui qui se trouve de l’autre côté. Des lunettes mangent également le visage de l’homme, mais avec ses membres maigres et étirés, il a plus les allures d’un héron à échasses que d’un oiseau de proie. De ses longs doigts fins, il se saisit de la bourse, du papier enroulé, et se détourne pour fouiller quelque part derrière lui.
— Qu’est-ce que… ose-je bafouiller. Qu’est-ce qu’on…
— Hum ?
Le regard acéré qu’elle pose immédiatement sur moi m’écrase.
— C’ma paie, pour ma mission. Z’avez cru que j’tais dehors pour vos beaux yeux ? Haha ! Z’êtes just’un bonus. J’allais pas v’laissez cr’ver de froid. Quelle idée… S’balader dehors, par un temps pareil…
Un nouveau rire la secoue toute entière, sonore, volumineux, tandis qu’elle prend le sac tintant que l’homme a posé en échange sur le bois, ainsi que le nouveau parchemin. Et déjà elle repart, m’entrainant par la force des choses à sa suite.
— Va falloir qu’vous disiez c’que vous f’siez là-bas. Mais on s’ra mieux calé au chaud. Et les vieux vont vouloir vous voir. Allez, v’nez.
Et nous passons par une immense porte de métal coulissante.