Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE CASTRAM DE LA LIGNE 10
LE CASTRAM DE LA LIGNE 10

LE CASTRAM DE LA LIGNE 10

Pièce n°2325
Écrite par Didou
Explorée par Drev
Fait partie de la saga << < Vent de Révolte > >>

Une fiche. L’Ordre a une fiche à mon nom. L’Ordre me recherche. L’Ordre me considère comme une menace à éliminer. Un haut-le-cœur me prend. Je me recroqueville sur mon siège et ni la main compatissante d’Orvall ni l’inquiétude de Maelie ne parviennent à me rasséréner.

Mes dents n’ont pas arrêté de claquer. J’ai froid malgré la chaleur étouffante qui règne à l’intérieur du Castram. L’Ordre veut m’éliminer. L’Ordre veut m’éliminer, l’Ordre veut…

— On a un problème.

Je lève des yeux scandalisés vers Maelie. Un problème ? C’est ainsi qu’elle considère la chose ? Un simple problème ? Qu’est-ce qu’elle en sait d’abord ? Est-ce qu’elle a une fiche de l’Ordre à son nom, elle ? Est-ce que…

Mes pensées se figent en avisant deux contrôleurs avançant dans notre direction. L’Ordre. L’Ordre m’a retrouvé. Je me lève d’un bond et attrape mes compagnons par le bras.

— Il faut qu’on se tire d’ici ! Tout de suite !

— Rassieds-toi !

Orvall accompagne son injonction d’une poussée sur mon épaule, m’obligeant à reprendre place sur le siège. Mon mouvement n’a toutefois pas manqué d’attirer l’attention des contrôleurs qui délaissent les autres passagers pour foncer droit sur nous.

— Qu’est-ce que vous foutez ? Faut qu’on y aille ! Ils viennent pour moi, ils viennent pour moi !

— Calme-toi. Je gère.

Le ton d’Orvall est loin d’être convaincant. Je lis dans ses yeux la même panique qui m’étreint pourtant, il se contente de sortir un petit boîtier de sa poche et d’effleurer l’unique bouton rouge en son centre.

— Je vous conseille de vous accrocher, murmure-t-il avant d’appuyer sur le bouton.

Mon cœur rate un battement. Les yeux écarquillés, je m’agrippe de toutes mes forces aux accoudoirs de chaque côté de mon siège. Une. Deux secondes. Rien ne se produit. Pas d’explosion, pas de trou noir pour emporter ailleurs les contrôleurs, rien. Et ces derniers qui sont maintenant à quelques pas de nous, qui me désignent du doigt.

— C’est quoi ce bordel ? Pourquoi il se passe rien ? Qu’est-ce que t’as foutu ?!

— J’ai fait exploser le coffret de commande du pilotage automatique.

La réponse laconique de mon compagnon ne suffit pas à me satisfaire mais avant que j’aie pu l’invectiver davantage, il poursuit :

— Ce Castram ne peut plus freiner, encore moins s’arrêter. Six minutes le séparaient du précédent. Ce qui signifie qu’on va le percuter…

— Messieurs, dames, l’interrompt une voix grave. Vos billets, s’il vous plaît.

Je n’ose pas regarder les contrôleurs. Comme un enfant persuadé que sa couette peut le protéger des monstres de sa chambre, je refuse de croiser leurs regards et de les ancrer dans la réalité.

— Vos billets, répète l’autre comme aucun de nous ne bouge.

Du coin de l’œil, je le vois saisir son talkie-walkie. Son collègue, lui, porte la main à sa matraque.

— … maintenant.

Un choc d’une violence inouïe secoue le Castram et tout explose.

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