Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE LABORATOIRE OÙ ON M’A EMBAUCHÉ
LE LABORATOIRE OÙ ON M’A EMBAUCHÉ

LE LABORATOIRE OÙ ON M’A EMBAUCHÉ

Pièce n°2433
Écrite par Flominou
Explorée par Nougat
Fait partie de la saga << < Nougalthazar > >>

On entre dans un petit laboratoire. Deux humains en blouse blanche nous attendent à l’intérieur. Laigau nous désigne une table au centre de la pièce, sur laquelle est posée une boîte en verre.

– Nous avons préparé une cage d’étude pour le bec mystère, pourriez-vous nous le livrer ?

Je saute sur la table et je montre à Babel ma sacoche. Iel la détache de mon dos et commence à fouiller dedans pour en sortir son contenu. Un Main coin, deux Main coin, trois Main coin, quatre Main coin, cinq Main coin, … Selen se tourne vers moi avec un regard interrogateur. Je me lèche les parties en guise de réponse.

Soudain, Babel crie de surprise en lâchant la sacoche. Le radis que j’avais capturé en sort précipitamment, cours sur la table puis saute sur le sol. Les deux humains en blouse blanche, tout paniqués, lui courent après dans tout le laboratoire. De son côté, Laigau murmure des « fascinant », « incroyable », « magnifique » et tout plein d’autres adjectifs du même genre. Moi, je profite du spectacle. Les deux humains réussissent à acculer le bec mystère dans un coin. Ils s’approchent de lui pas à pas, pour ne lui laisser aucun échappatoire.

Une porte s’ouvre et un humain à la peau violette entre. Le bec mystère profite de la diversion pour échapper aux griffes des deux humains et s’enfuir par la porte ouverte. Laigau et ses deux hommes de main le poursuivent en courant, bousculant au passage l’humain violet.

 – Le D-SEV, ça ne s’améliore pas… Vous êtes vraiment des brutes ici.

 – Bonjour Maxou, excuse-les, tu viens de permettre l’évasion d’une toute nouvelle espèce découverte. Je t’ai appelé pour déclarer Nougat ci-présent sur le RACISM.

Maxou sort une liasse de feuilles de papier de son sac.

 – Alors… J’ai une ou deux centaines de questions pour Nougat… Juste de quoi remplir ce petit formulaire… Votre prénom ? Nougat ? Pas très inspiré mais on a vu pire. Votre nom ? Aucun ? Ok, pas de problème… Votre espèce ? Majestueux chat sauvage ? Je vais plutôt simplement écrire chat domestique. Votre âge ?

C’est long et cet humain est franchement désagréable. Ses commentaires désobligeants à chaque réponse m’irritent très rapidement. Et Babel s’obstine à ne pas traduire mes insultes. Elles sont pourtant très poétiques. J’ai commencé par quelques inspirations végétales : « betterave sans sucre », « raisin mal fermenté », « lavande puante », etc. Puis j’ai enchaîné avec mes connaissances cinématographiques : « méchant minion mutant », « Thanos sans pouvoirs », « Ursula de l’Ordre », « Na’vi en manque d’oxygène », etc. Malheureusement, mon imagination est plus limitée que ce formulaire et je dois vite me rabattre sur mes insultes habituelles. Fini les insultes discriminantes, quelle tristesse.

Je m’ennuie. Et puis pourquoi Maxou me demande si je suis déjà allé à Malte ? C’est quoi ces questions ? Je hais les démarches administratives. 

Une fois son formulaire rempli, Maxou me laisse une petite carte d’identité spécialement pour moi. 

 – Bien, vous êtes désormais officiellement déclaré sur le registre des animaux aux capacités intellectuelles supérieures à la moyenne, aka le RACISM, voici vos papiers d’identification. Présentez-les en cas de contrôle par l’Ordre.

Il s’en va. Selen se tourne alors vers moi.

 – Maintenant que tu es déclaré, que dirais-tu de travailler pour l’Ordre ? Nous avons plein de postes à te proposer.

 – J’aimerais bien travailler pour vous mais je dois d’abord retrouver Baba, mon humain. On voyage toujours ensemble tous les deux.

 – Vous voyagez beaucoup donc… Tu pourrais peut-être recenser les espèces végétales que tu découvres lors de ces voyages ? Cela nous serait très utile !

 – Oui, pourquoi pas. Et qu’est-ce que j’y gagnerais, moi ?

 – On pourrait te payer en nourriture ?

 – Mon Baba me nourrit déjà bien comme il faut, je n’ai pas besoin de bouffe. Par contre… depuis une ridicule petite overdose il y a maintenant six mois, il ne veut plus me donner d’herbe à chat. C’est un des rares sujets sur lesquels je n’arrive pas à le faire changer d’avis. Je veux donc être payé en herbe à chat.

 – Adjugé vendu ! Par contre, je ne vais pas pouvoir te donner un contrat de travail officiel. La politique RH du Pr. Plumefer est que seuls les agents travaillant au bureau doivent être officiellement des employés de la division. Les agents extérieurs sont des contractuels sous couverture. En cas de capture, nous nierons toute implication.

 – Pas de soucis pour ça, je n’aime pas les contrats. Par contre, Baba ne doit rien savoir de notre petit arrangement. Comment va-t-on procéder pour les échanges plantes/herbe à chat ?

C’était une bonne question, ça. Forcément, vous allez me dire, puisque c’est moi qui l’ai posée. Pendant que Selen y réfléchit, je demande à Babel de ranger mes Main coin et ma toute nouvelle carte d’identité dans ma sacoche et de la raccrocher autour de moi.

 – J’ai une idée !

C’est Selen. Il semble tout content de lui.

 – Allons voir le D-RA. Suivez-moi.

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