Pièce n°1968
Écrite par Jirsad Cassam
Explorée par Sernel l'amoureux aveugle
Ma main sur la poignée, j’hésitais bien longtemps,
La lâchais, me tournais, y revenais encore.
J’entrais, évidemment, mu par un désir d’or :
Celui non de richesse, mais de prendre un amant.
Une fois porte close, un carillon tinta ;
Mieux ! Une voix légère qui s’adressait à moi :
« Guide-moi, visiteur, que vois-tu alentours ?
— Je ne vois rien, lui dis-je, que mon besoin d’amour. »
C’était façon de dire l’absence de lumière,
Et au lieu légendaire d’avouer mes prières.
« Cette chambre est la mienne, me dit l’obscurité.
Tu n’y peux demeurer, va-t’en ! La cécité
Sera ton châtiment, mon unique cadeau ! »
Et sitôt fut-ce dit, qu’elle mit un bandeau
Sur mes yeux, le lia, d’une main si cruelle !
Pour sûr, l’ombre m’avait vêtu d’un morceau d’elle.
« À qui, dis-moi, plairai-je, toute clarté perdue ?
Où sera l’espérance, réponds-moi, ô noirceur !
— L’espérance ? rit-elle. Tu en as pourtant peur ;
Suis-la par ce couloir, ne restes pas déçu. »
Oh waw c’est génial ! Je crois qu’il s’agit de la première pièce versifiée aussi harmonieusement. J’aime beaucoup la personnification de l’ombre et cette quête d’amour, pas si courante au sein du Château.
Mon vers préféré peut-être : « Pour sûr, l’ombre m’avait vêtu d’un morceau d’elle. », cette image est incroyable. Peut-être que cela t’intéresserait de lire les aventures du personnage Ombre, qui explore également sous cette forme…
Au plaisir de te lire à nouveau dans le Château !
C’est tout prêt pour le tom 2 de « Je veux être un brasier fragile »: « je suis devenu cendres volatiles »