Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA SALLE DE DÉCONTAMINATION
LA SALLE DE DÉCONTAMINATION

LA SALLE DE DÉCONTAMINATION

Pièce n°1984
Écrite par Argonath
Explorée par Rigel

À l’instant où je franchis le seuil de la porte, le sol sous mes pieds se mit à avancer et les lumières s’allumèrent. Alors que j’observais cette salle toute en longueur traversée par un tapis roulant et bordée d’armoires et d’appareils dont l’usage me laissait songeur, mes pieds furent saisis par deux bras robotisés. Cette entrave, indolore bien que ferme, m’imposait de suivre le rythme du tapis roulant. Autour de moi, les instruments se mirent en marche : je fus scanné de bas en haut et mesuré sous toutes les coutures pendant que de fins tuyaux vinrent aspirer la moindre poussière, peau morte, cheveu, ou poil susceptible de tomber. Dans les vitrines latérales, je découvris des objets comme je n’en avais jamais vus. Dans les premières, une collection de disques de tailles et de couleurs diverses étaient exposés.  Leur aspect de surface était tellement proche de la perfection que sous certains angles, ils semblaient être des miroirs et réfléchissaient la lumière blanche produite par les plafonniers. Sous d’autres en revanche, des couleurs d’une intensité et d’une pureté sans égales se révélaient allant selon le disque d’un bleu froid à un violet intense en passant par des nuances de rouges et de verts. Alors que mon regard s’était perdu dans cet arc-en-ciel en vitrine, le son d’une nouvelle machine attira mon attention. Devant moi, une silhouette bidimensionnelle bleue clair se déroula. Je devinais que cette « combinaison », certainement produite sur mesure, allait m’accueillir. Redoutant l’inéluctable, mais craignant encore plus de ne pas satisfaire la volonté des machines, je cherchais dans les vitrines d’autres objets auxquels accrocher mon regard. Les mêmes galettes se retrouvaient mais plus mon trajet forcé avançait, plus des motifs apparaissaient sur celles-ci ajoutant aux couleurs pures du substrat des éclats métalliques et irisés. C’est en douceur qu’arrivé à l’autre extrémité de la pièce, les bras robotiques se retirèrent, me laissant seul, dans une combinaison parfaitement ajustée et dissimulant chaque parcelle de peau. Je remarquai alors que j’étais désormais libre de mes entraves et alors que les lumières s’éteignirent, le mur face auquel je me tenais glissa latéralement m’invitant à poursuivre mon exploration.

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