Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PLAINE BLANCHE
LA PLAINE BLANCHE

LA PLAINE BLANCHE

Pièce n°2000
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan

 Le froid me prend, le souffle m’est ôté devant la beauté du paysage qui s’étale devant moi. Une étendue de neige immaculée, aussi loin qu’il m’est donné de voir. Rien ne vient la troubler, si ce n’est ma présence. Rien, vraiment ? Pas même les traces de bottes qui la creusent en partant vers l’horizon ? 
 — Qui est assez fou pour venir ici ?
 Le grelot du lutin ne m’apporte aucune réponse. Son tintement se répercute sur la neige sans fin. Dans mon dos, la porte par laquelle je suis arrivé s’est effondré en un petit monticule, blanc, froid, qui ne tardera pas à se fondre avec le reste. Ne reste plus que moi, avec mon lutin dans la poche et ma boîte à musique sous le bras. Et la trace de pas qui m’invite à la suivre. Je ne suis pas long à convaincre.

 Quelque part, marcher dans les pas de quelqu’un d’autre me rassure. J’ai moins l’impression d’abîmer la beauté des lieux. La personne qui est passée avant moi a une foulée légèrement plus grande que la mienne, me forçant à faire de longs pas. Sous mes semelles, la neige se tasse, dans un léger craquement qui ressemble à un murmure. Le scintillement de la lumière sur la neige m’empêche de vraiment savoir où je vais. Il ne parait y avoir aucun mur nulle part, aucune sortie non plus. J’imagine la danseuse ici, à tourner sur elle-même, à soulever de ses pas délicats des nuages de neige, tracer des arabesques de ses bras. Je suis certain que le froid n’aurait aucune emprise sur elle, incapable de rougir son nez ou ses pommettes. Elle serait si légère qu’elle ne percerait pas le manteau neigeux. Peut-être est-elle passée par ici. Peut-être n’a-t-elle pas laissé de traces. Je m’immobilise.
 — Bah ça…
 La piste que je suivais s’est arrêtée. Les deux pieds côte à côte, comme pour attendre quelque chose et disparaître. Mes chaussures plantées dans les dernières empreintes, je scrute autour de moi sans rien voir que le sillage laissé derrière moi, déjà présent et échoué au milieu de nulle part. Mettre la main en visière, plisser les paupières, ne m’aide en rien. Rien. Il n’y a plus rien. Un cri perçant, là-haut, au-dessus de moi, qui me fait lever la tête, juste à temps pour apercevoir une ombre me fondre dessus. Puis quelque chose m’empoigne par les bras et m’arrache au sol.

Partager...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CHÂTEAU CENT MILLE PIECES

GRATUIT
VOIR