Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PIÈCE DE L’AUTOROUTE OÙ LE PATRON DE LA MAISON DE HAUTE COUTURE M’A APPELÉ
LA PIÈCE DE L’AUTOROUTE OÙ LE PATRON DE LA MAISON DE HAUTE COUTURE M’A APPELÉ

LA PIÈCE DE L’AUTOROUTE OÙ LE PATRON DE LA MAISON DE HAUTE COUTURE M’A APPELÉ

Pièce n°2247
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Quokka

On est sur l’autoroute. C’est nul. Il y a pas beaucoup de voitures, mais elles passent super vite et ça fait plein de bruits. Boubou et moi on a mis des bouchons d’oreilles fournis par l’Ordre, mais Ray veut pas les mettre. Il préfère entendre les voitures arriver de loin. En même temps, il a raison. Il fait nuit, mais on est habillés tout en noir. J’ai pas passé le code de la route, mais visiblement Ray non plus, parce que même moi je sais qu’il faut être visible la nuit.

Alors, je fouille dans ma poche magique et je retrouve le gilet orange fourni par l’Ordre. Boubou fait pareil, mais Ray veut pas. Je suis sûr c’est parce que l’orange lui va pas au teint. En même temps, le noir ça lui va pas non plus. Avec toute la crème solaire qu’il se tartine, il est blanc comme un linge.

A un moment, on est dans un tunnel. C’est relou parce que de temps en temps Ray siffle et on se plaque très vite contre le mur pour éviter les camions. Certains nous font coucou quand ils passent. Ils ont le logo de l’Ordre à l’arrière. Je leur fais coucou aussi. Ils doivent me trouver trop mignon. Mais bon, c’est pas très agréable d’éviter les camions.

Heureusement le tunnel est pas très long. On arrive à une station service. C’est nul, il y a même pas de magasin, il y a que des toilettes. Boubou et Ray vont y faire un tour. Ils y vont à tour de rôle, parce que Ray est un gros froussard et il a peur qu’il m’arrive quelque chose.

Après, on fait une petite pause, en mangeant des biscuits au chocolat. C’était ceux de Boubou, mais c’est Ray qui les portait. Il essaye trop de faire le mâle alpha costaud. En plus, il en mange même pas. Il continue de siroter son smoothie. Comme on s’ennuie, je fouille dans ma poche et j’en sors un jeu de UNO. Au début, Ray veut pas jouer, mais il finit par craquer.

Je suis très fort au UNO. Pourtant, c’est pas facile, parce que j’ai des petites papattes et c’est dur de tenir les cartes. Mais je suis quand même le plus fort. Ray est trop nul. Il essaie même pas d’apprendre les règles. Il regarde tout le temps autour de lui. Heureusement qu’on joue pas au poker, sinon il se ferait plumer.

A un moment, ça vibre dans ma poche et ça fait une petite chanson. Ray me regarde trop bizarre.

– Je savais pas que c’était un doudou où quand on appuyait dessus, ça faisait du bruit.

Je secoue la tête. Je suis pas ce genre de doudou !! Qu’il essaie même pas !! Je sors le truc qui fait du bruit de ma poche. Ça alors ! C’est le gadget que m’avait donné le patron de H Eleganzia, la maison de haute couture. J’appuie sur le gros bouton au centre en forme de cœur.

– Quokka ! Ma muse ! J’ai besoin de vous urgemment ! Je prépare mon prochain shooting de haute couture, mais aucun des mannequins, ces vauriens, ne répond à mes attentes ! Je vous envoie une limousine – oui une limousine Louis-François, vous m’avez bien entendu. Evidemment que ma muse mérite une limousine. Comment ça, c’est une peluche et un colis de la poste ferait l’affaire ?! Vous n’avez aucun goût Louis-François. D’ailleurs vous êtes viré. Vous êtes nul. Marguerite, vous prenez sa place. Anyways, Quokka, je vous envoie une limousine. Venez, je vous attends au plus vite !!

Et après la communication se coupe. Je range le gadget dans ma poche. Ray doit être jaloux, ses outils de super espion sont moins bien que les miens.

– Qu’est-ce que c’est que ce bord-

Un vrombissement de moteur coupe Ray. Une limousine rose à paillettes arrive dans notre direction.

– Wahou Quokka ! Je ne savais pas que tu étais la muse d’une maison de haute couture ! C’est super, s’extasie Boubou.

– Attends, ça pourrait être un piège, dit Ray.

Je secoue la tête. C’est pas parce que Ray est trop moche pour être mannequin que c’est mon cas. ÉVIDEMMENT que je suis l’égérie d’une maison de haute couture ! Il ne devrait pas être surpris.

Quand la limousine s’arrête devant nous, Ray veut pas qu’on monte dedans. Quelle grosse chochotte. Mais je lui montre les prospectus. C’est l’opportunité pour nous de faire de la recrutitude. Il devrait le savoir, c’est son boulot. Bref, on monte dans la limousine. Ray monte à l’avant, à côté du chauffeur. Il a pas confiance.

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2 commentaires

  1. Merci pour cette parenthèse Quokka toujours aussi drôle ! Je ne m’attendais pas au retour du mec de la haute-couture, j’ai adoré son effet absurde, renforcé par la limousine. Pour autant la pièce est en même temps assez sérieuse, je trouve qu’on sent très distinctement l’inquiétude de Ray et ses intentions, c’est intrigant !

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