Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LIGNE 100 DU QG DES RESETTEURS À MARIAGE – THÉOMANCE
LIGNE 100 DU QG DES RESETTEURS À MARIAGE – THÉOMANCE

LIGNE 100 DU QG DES RESETTEURS À MARIAGE – THÉOMANCE

Pièce n°2230
Écrite par xyloforce
Explorée par Carmen le resetteur de pièces

Je passe devant un miroir, et instinctivement, je m’admire. Ce costume me va comme un gant ! Si j’étais une main, je veux dire, parce que si je portais réellement un gant, ça ne m’irait pas trop, étant de type humanoïde, avec deux jambes, deux bras, deux yeux, ces choses classiques quoi. Mon pantalon moulant souligne la finesse de ma musculature tandis que son liseré pourpre s’accorde avec mes yeux violets. Le liseré se prolonge et se métamorphose en un arbre qui s’étale sur mon torse de mon non moins moulant haut. Il faut bien éviter de s’accrocher aux branches quand on fait le travail qu’est le mien ! Et mes cheveux sont blancs, parce que j’en vois des vertes et des pas mûres dans ce métier.

J’attends le Castram, le regard dans le vide. Je suis matinal, mais ce matin, j’ai du mal. Quand la rame arrive, elle me rappelle du même coup que cette pauvre ligne 100 aurait bien besoin d’un petit reset ! J’y mettrais bien un petit MC26 avec système de pilotage Castellis, la dernière gamme de chez Elstom avec pilotage automatique ; bien sûr, je rénoverais aussi la signalisation histoire d’éviter la catastrophe qu’a été son déploiement dans la ligne Y. C’est que, sans me vanter, tous mes collègues n’ont pas mes talents !

Bref, la rame est devant moi. Étant particulièrement cool aujourd’hui, lorsque je rentre dans la rame, le temps se fige et un petit halo lumineux entoure ma silhouette, tandis qu’une voix désincarnée déclame « Carmen : resetter de pièce. Signe particulier : n’aime pas les pamplemousses ». Ce n’est… pas faux, mais bon, c’est un peu sommaire.

L’avantage de mon métier, c’est que je peux faire un peu ce que je veux ! Regardez, par exemple : je me lève, j’appuie sur ce bouton, j’ouvre ce panneau en métal dans la rame, je tourne la clef à gauche, l’autre clef à dr… ah, non, jamais à droite. Je tourne l’autre clef à gauche, tape le mot de passe super secret qui donne l’impression que j’appuie sur des touches au hasard mais peut-être que ce n’est pas le cas, et voilà ! Le panneau de commandes apparaît. Maintenant, j’appuie sur la touche bière, et hop, une choppe de Guignette m’apparaît dans la main. Rien de tel qu’une pinte pour patienter pendant le long voyage qui m’emmène vers la pièce que je dois reset aujourd’hui.

C’est la pièce du mariage, et askip c’est un sacré bordel. Je vais bien m’amuser ! Plus que 40 arrêts. Arrêts notables : une forêt, et en son cœur une petite chapelle ombragée ; une pièce gelée, blanche, froide ; si froide, à vrai dire, que ma bière laisse échapper une légère vapeur ; une pièce avec de la moquette, vraiment, très, très moche, et aussi quelques traces de pas plutôt mignonnes, maintenant que j’y repense. De guerre lasse, je somnole en sirotant ma bière, les yeux dans le vague et l’esprit embrumé.

Carmen le resetteur de pièces > >>

Partager...

3 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *