Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
AU BORD DU LAC CREPUSCULAIRE
AU BORD DU LAC CREPUSCULAIRE

AU BORD DU LAC CREPUSCULAIRE

Pièce n°1884
Écrite par Stabilau
Explorée par Gustav Gaillard

Alors que je parcourais à nouveau les couloirs du château, je ne pus m’empêcher de repenser à la première salle que j’avais explorée.

-Dire qu’en une seule pièce on m’a déjà menacé avec une arme… Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que le château soit aussi dangereux ! Enfin, tout va bien Gustav… Tu es en vie et la sortie ne doit pas être loin.

Après ce bref égarement, j’ai continué à marcher à travers des couloirs avec de multiples portes et qui me semblaient infinis. Ces portes étaient toutes uniques par leur taille, leur matériau et leur forme. Il m’a même semblé apercevoir une étrange porte qui abordait la tête d’une femme !

Finalement, après plusieurs heures de marche, je finis par m’arrêter devant une petite porte en bois noir dont le haut arrondi abordait un soleil. Son aspect unique me décida à la choisir. J’espérai qu’elle me conduirait hors du château.

Je l’ouvris lentement et, à nouveau, l’autre côté me fut invisible.

-Allez Gustav, cela ne peut pas être plus horrible que la dernière fois : les fous de la Po… truc sont loin ! Rassuré, je franchis la porte.

De l’autre côté, je fus accueilli par une forêt de sapins qui entourait une étendue d’eau. Je me trouvai sur une petite colline qui surplombait cette eau couverte de roseaux. L’endroit grouillait de libellules qui volaient entre les feuilles des roseaux et de vers luisants qui brillaient paisiblement. A mon grand soulagement, l’endroit semblait calme et inhabité.

Le ciel était légèrement nuageux et colorié par un soleil déclinant. La lumière orangée accompagnait le bruit de criquets. Après avoir vécu ce qui me semblait avoir été comme une si grande épreuve, ce lieu me paraissait irréel et paradisiaque.

-C’est magnifique ! Mais je doute que cela soit la sortie…

En me retournant, je constatai que la porte du château était encastrée dans un sapin. Le château ne m’avait pas libéré.

-Enfin, rien ne m’empêche de me reposer un peu avant de retourner me perdre dans les couloirs. Sur ces mots, je me suis rapproché de l’eau. A ma grande joie, je pouvais observer les têtards nager paisiblement. La paix régnait en ce lieu.

Puis, la nostalgie me gagna. Je revoyais la maison de mes grands-parents décédées il y a déjà un moment.

Mais, alors que cette vision me berçait, de l’autre côté du marais, un groupe de roseaux frémit sans me perturber. Cependant, l’ambiance changea progressivement.

A mesure que le bruit se rapprochait, la sérénité s’envolait : une brise légère se leva, les libellules semblaient fuir le lac et les criquets s’arrêtèrent de chanter.

Ce changement sonore me fit prendre conscience de l’être qui se rapprochait de moi.

-Que se passe-t-il ?

Si je semblais encore calme, ma voix cachait difficilement la peur qui augmentait à mesure que « quelque chose » s’approchait. La peur ferma son étreinte tandis que je commençai à voir la créature. Elle semblait un peu plus grande que moi, couverte de poils et elle était de plus en plus proche.

Soudains, dans un élan de peur, mon corps a reculé d’un pas avant de se tourner vers l’unique échappatoire : la porte qui m’avait amené ici…

-Au secours !!!

Je gravis la petite colline et courus vers la porte. Au moment où ma main sera la poignet, un grand splash retentit derrière moi. Je ne pouvais plus me retourner.

-Allez ouvre-toi … vite !

Ma main, tremblante, ouvrit difficilement la porte. Dans le même temps, je pouvais entendre quelque chose qui courait vers moi.

Sans demander mon reste, je passai la porte et la refermai immédiatement. Son grincement fut coupé par le hurlement de mon poursuivant.

La porte fermée, je m’effondrai sur le sol. Alors que je repris mon souffle, mon cerveau finit de donner une image à ce cri : il s’agissait d’un hurlement de loup.

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Un commentaire

  1. Ohlala ! Mais que lis-je ? Gustav a franchi… deux fois la même porte ? Sait-il, le malheureux, qu’on ne peut jamais revenir en arrière dans le Château ? Cette porte va-t-elle le mener dans un autre lieu ou lui permettra-t-elle de revenir en arrière… au prix d’atroces souffrances ?

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