Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA PETITE SALLE D’ATTENTE
LA PETITE SALLE D’ATTENTE

LA PETITE SALLE D’ATTENTE

Pièce n°1892
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan

Ça recommence, j’en suis sûr ! Le temps que ma vision s’accommode, le halo lumineux que je suis certain d’avoir vu autour de ma paume – celle qui a touché le miroir avec les écritures – s’est estompé. Je remonte les lunettes, plisse les yeux face au nouveau changement de luminosité et agite mes doigts. Mais non. Rien. Rien que ma peau et mes phalanges et la lumière artificielle dans laquelle elles baignent. Le contraste avec la beauté de la lumière de la pièce d’avant provoque un frisson qui secoue mon corps. Je soupire.
 — C’était quelque chose, quand même, hein ?
 Phrase vide et creuse, mais j’ai le besoin de combler le silence soudain qui remplace le bruissement des miroirs et des grelots. En échos à ces derniers, mon lutin acquiesce. Je soupire à nouveau et tourne sur moi-même pour voir où est-ce que j’ai débouché. 
 C’est petit, deux mètres sur trois, avec la porte par laquelle je suis arrivée et une autre en face, une chaise en plastique collée dans un coin et le reste du passage encombré par une table basse, un rectangle recouvert de vieux magazines aux pages froissées. Sur le mur, il y a une feuille de papier A4 scotchée avec imprimé dessus : Merci d’attendre votre tour.
 — Mon tour pour quoi ? 
 Je ne peux m’empêcher de poser la question à voix haute même s’il n’y a personne pour y répondre. La boîte à musique calée sous le bras, j’ai vite fait de faire le tour des lieux. La porte par laquelle je suis arrivé ne s’ouvre pas quand j’appuie sur la poignée et je n’ose pas tenter avec l’autre – je verrai quand j’en aurai marre d’attendre. Les magazines sont usés d’avoir été tenus entre trop de mains, certains sont déchirés ou tachés, parfois en langues que je ne reconnais pas. Pour tuer le temps, j’en saisis un au hasard. La chaise couine quand je m’assois dessus. Je fais défiler les pages, distraitement, sans que mon regard n’accroche vraiment à aucune d’entre elles. Pourtant, j’ai bien dû me perdre dans la lecture à un moment, car je sursaute lorsque la porte s’ouvre d’elle même et qu’une voix appelle :
 — Au suivant !
 Avec précipitation, je repose le magazine – sur les techniques de crochet de soie d’araignées géantes – et récupère la boîte posée sur mes genoux avant de me lever et de sortir.

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