Pièce n°2124
Écrite par Harry Queaut
Explorée par Phaene
Hier matin, j’ai quitté le domaine des Courts-Chevelus encore plus tôt que prévu (je n’ai pas réussi à m’endormir dans mon appréhension de mon départ anticipé), presque deux heures avant le lever du soleil. Ayant laissé une note polie pour Myrtel, si un tant soit peu mensongère (j’y prétextais que c’était mon troisième oeil d’aventurière qui me poussait à partir, qu’il fallait que ce soit maintenant et qu’il fallait que ce soit seule), je me suis éclipsée, retrouvant sans mal le chemin de pierres blanches, puis ai dépassé le cercle de pierres (que j’ai bien entendu contourné, ne risquant ainsi pas de me retrouver dans la bulle temporelle).
Si je m’étais presque attendue à ce que mes cheveux reviennent à leur longueur initiale en sortant du village, je suppose qu’il peut être intéressant de mentionner que non, ils sont restés à leur nouvelle longueur (strictement à la hauteur de mes pommettes. Si mes pommettes n’avaient pas été symétriques, la nouvelle coupe de mes cheveux aurait-elle aussi suivit ce motif inégal ?).
Ensuite, j’ai marché, prenant la direction approximativement perpendiculaire au chemin le long duquel Myrtel m’avait guidée. J’ai marché jusqu’au matin, où j’ai trouvé un ruisseau qui m’a permis de remplir mes gourdes et d’hydrater tout ce qui devait l’être dans mes affaires. J’ai ensuite continué, et n’ai pas traversé grand-chose d’intéressant (ni vraiment des plaines, ni vraiment un désert, juste une espèce de grand rien dont je ne garde qu’un souvenir flou). A la tombée de la nuit, alors que l’Entraînement me poussait évidemment à préparer mon campement, un sentiment d’anxiété profond m’envahit, à l’idée de m’arrêter – ce que j’ai cependant fait pour analyser la racine de l’émotion. Je me suis alors rendue compte que sa source se trouvait dans la possibilité de ne pas avoir mis assez de distance entre moi et maon compagne-on d’aventure des jours précédents (Myrtel). J’avais peur, maintenant que j’étais partie sans ellui et sans lae prévenir, qu’iel me rattrape et… quoi exactement, je n’ai toujours pas su mettre le doigt dessus, mais le sentiment (l’intuition ?) était suffisamment présent pour que je le fasse prévaloir sur l’Entraînement (comme le veut le Protocole de Prise de Décision, bien sûr).
J’ai donc continué ma marche jusqu’à ce que, quelques heures après le coucher du soleil, je rencontre un château (un vrai château, comme dans les contes), dont le toit et les tours les plus hautes semblaient comme avalés – et donc dissimulés – par un nuage ou un groupe de nuage. Je l’ai inspecté, j’ai réalisé un croquis de la façade que j’ai rencontré en première et ai (évidemment) utilisé le chateaumètre, qui n’a rien révélé de plus inhabituel que d’habitude, ce après quoi j’ai décidé d’y entrer.
M’appuyant doucement contre la porte (large porte à double battants et en bois massif), elle ne s’est d’abord pas ouverte avant que je n’en prenne la poignée (ronde, simple) et que je la tourne, ce après quoi le pan gauche c’est ouvert, laissant sortir un filet de lumière blanche. Ouvrant la porte en grand, et ne remarquant personne, je me suis avancée, jusqu’à un premier écriteau qui signalait en plusieurs langues (que j’ai toutes reconnues, même si je ne les ai pas toutes comprises) qu’il était impératif de retirer ses chaussures et qu’à partir de ce point là, plus aucune chaussure ne serait tolérée sur le sol carrelé. Par politesse, j’ai obtempéré et retiré mes chaussures, ainsi que mes chaussettes, les gardant à la main alors que je continuais d’avancer.
Il m’a fallu une autre minute ou deux dans ce couloir (au bout duquel j’avais décidé d’aller avant d’explorer les différentes pièces sur lequel il pouvait donner) pour atteindre une sorte de tourniquet, que j’ai pris et qui a vu une petite sonnette retentir une fois que je l’eus dépassé. Au-delà dudit tourniquet, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir une énorme piscine (rectangulaire, une à deux centaines de mètres de petit côté) !
Sa source d’alimentation en eau m’a rapidement été évidente : les gros nuages qui j’avais vu, engloutissant les tours les plus hautes du château, de l’extérieur, avaient en fait leurs entrées et pleuvaient, une quinzaine de mètres plus hauts, directement dans le bassin. L’ayant testée (j’ai laissé pleuvoir sur mon doigt, puis l’ai porté à ma bouche), j’en ai déduit que c’était de l’eau de pluie standard. Après rapide inspection, il m’a aussi paru que la piscine devenait de plus en plus profonde au fur et à mesure qu’on s’éloignait de l’entrée, et j’en ai rapidement testé le pH, qui indiquerait (comme d’ailleurs, la couleur), que la piscine était régulièrement traitée, et au chlore probablement.
En essayant de revenir sur mes pas, je me suis rendue compte qu’on ne pouvait pas prendre le tourniquet dans l’autre sens (tant pis pour mes velléités d’exploration a posteriori) et que j’étais donc coincée dans la zone “piscine” de la piscine (c’est à dire pas dans le bassin mais dans la pièce contenant le bassin et ses alentours. J’ai fait un tour rapide de tout ce qui pouvait dissimuler quoi que ce soit (toboggans dont j’ai monté puis redescendu les escaliers, cabine de maître-nageur, recoins om étaient entreposés les frites, pull-boys et autres accessoires du monde piscinique,…) mais n’ayant trouvé personne (qui, alors, traite donc la piscine ?), j’ai décidé de remonter les escaliers menant au toboggan le plus haut pour m’y établir pour la nuit.
J’espère que ma fatigue (que je sentais grandir depuis quelques heures) ne nuira pas à la lisibilité de ce rapport, et souhaite une bonne journée à quiconque a décidé de le lire.
Jour dix, découverte cinquième : LA PISCINE DE PLUIE MUNICIPALE
Moi aussi je suis curieux de voir si le châtomètre va revenir ! Je n’ai pas encore lu ta pièce 2000 (déso !) mais ça serait trop drôle qu’il y soit et qu’il réagisse (explose ?) à l’analyse du Château :p
Une pièce très agréable à lire ! On sent vraiment le voyage via la description de la déambulation du personnage, c’est très chouette. Même si on pourrait penser à une petite triche vu que dans cette pièce il y a quand même un chemin, un couloir et une piscine !
J’aime beaucoup le fait que tu croises un château dans le Château et je me demande bien quel est l’utilité de ce châtomètre, j’espère qu’on aura l’occasion d’en savoir plus dans les prochaines pièces !
PS : Encore une pièce et tu pourras ouvrir ton compte et profiter de l’écriture du Château en version augmentée !
(déjà merci d’avoir pris le temps de lire et de commenter !!)
j’ai passé un peu de temps les derniers jours à réfléchir à comment 1. écrire moins, 2. me restreindre à une seule pièce et si possible 3. ne pas changer le style de Phaene parce que déjà pour les deux premières pièces je me sentais un peu tricheur sur les bords avec mes entorses au format mais ça y est je viens d’avoir l’épiphanie (qui colle avec le lore que j’avais imaginé en plus c’est tout bénef) j’espère que je saurais comment la mettre en effet dans ma prochaine pièce hehe !!