Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE BAR OÙ ELÉONORE ET MOI ON A TROP BU
LE BAR OÙ ELÉONORE ET MOI ON A TROP BU

LE BAR OÙ ELÉONORE ET MOI ON A TROP BU

Pièce n°2261
Écrite par Flominou
Explorée par Phiphi

Les hommes de main nous jettent au travers d’une porte. J’atterris violemment sur un sol sale et collant.

Ça pue l’alcool.

Je lève les yeux et regarde autour de moi. Eléonore et moi-même nous trouvons dans un bar miteux. Au comptoir, un grand kangourou sert à boire à un koala bedonnant, qui n’en est visiblement pas à son premier verre. Sur une télé derrière le kangourou, des chroniqueurs de château-news réagissent à la nouvelle pub de Franck Lebœuf pour rejoignez-notre-ordre.fr.

À ma droite, Eléonore l’ex-assistante se relève, dépoussière son chemisier et va s’asseoir au bar. Elle commande un whisky-coca puis se tourne vers moi et me demande :

– Phiphi, tu prendras quoi ?

– Je… je ne…

– La même chose pour la phryge coincée du cul.

– Hé ! Non mais ça va pas ! Je ne suis pas coincée du cul d’abord !

– T’as vraiment aucune répartie toi, tu me fais penser à une amie, une panda roux nommée Manon… Tu comptes rester assise par terre toute la journée ?

J’ouvre la bouche mais je ne sais pas quoi répondre. Elle a raison, je n’ai aucune répartie. Je me lève et vais m’asseoir au comptoir, entre le koala et Eléonore. Le koala semble ravi de se trouver de nouvelles amies, son sourire pervers me fait froid dans le dos. Me voilà tombée bien bas. Dire qu’il y a quelques années j’étais la star de Paris… Je suis vraiment au fond du trou.

Eléonore me tend un verre et avale cul-sec le sien. Je fais de même. C’est fort, le barman a bien dosé l’alcool ! Deux-trois verres plus tard, je commence à me sentir vraiment pompette. Autour de moi, le monde bouge étrangement vite.

Sur la TV, la rediffusion de la cérémonie d’ouverture de la fashion week débute. Ce co***rd de H. Eleganzia apparaît à l’écran. Je m’enfile 3-4 shots de vodka en l’insultant, bras dessus-dessous avec Eléonore. Le vulgaire diaporama qui remplace mon spectable commence. Le serveur et le koala semblent adorer. C’est vrai qu’il est très mignon ce Quokka.

Je m’enfile deux verres de Malibu-ananas pour faire passer mon seum. Je suis une ratée. Mes heures de gloire sont terminées. Comme l’a dit l’autre, je suis démodée, finie.

À la fin du diaporama, je vois le kangourou et le koala sortir leur téléphone et scanner le QR-code. Je bois trois Gin-tonic d’affilée. Tout devient flou. Je perds l’équilibre et tombe de ma chaise. Eléonore se penche vers moi et me tend la main. Je me redresse et la fixe quelques secondes. Je sens un spasme remonter mes entrailles. Sans prévenir, je vomis mes tripes sur la pauvre Eléonore. Elle me repousse avec dégoût et je titube sur la piste de danse.

Enfin, je crois que c’est une piste de danse. Ma perception de la réalité est quelque peu… vague. Je me souviens des lumières du plafond qui tournaient dans tous les sens, on aurait dit les feux d’artifice de la cérémonie d’ouverture des JO. Alala, quel moment, c’était beau !

Le sol tangue comme un bateau-mouche sur la Seine. Je crois que j’ai trop bu. Blurb, j’ai encore envie de vomir. Je zigzague jusqu’à l’autre bout de la pièce et ouvre la porte des toilettes.

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