Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE JARDIN AUSSI NIAIS QUE LA CHAMBRE
LE JARDIN AUSSI NIAIS QUE LA CHAMBRE

LE JARDIN AUSSI NIAIS QUE LA CHAMBRE

Pièce n°2237
Écrite par Didou
Explorée par Altixor

« Oh par pitié. »

Alors que je franchis la porte de ma chambre, je découvre un jardin à l’image de cette dernière.

Niais. Faible.

Entretenu à la perfection, baigné par le soleil, l’herbe y est d’un vert resplendissant. Des fleurs multicolores en agrémentent les contours et une unique table d’un blanc nacré est posée en son centre.

Un homme à la robe émeraude, une tasse de thé dans les mains, se lève à mon arrivée et marche vers moi. Ses yeux brillent d’un éclat argenté.

Un magicien.

Je suis aussitôt sur mes gardes. J’ai horreur des magiciens.

— Comment te sens-tu ? me demande-t-il d’une voix chantante, plus mélodieuse que tout ce que j’ai déjà entendu.

Avant que je puisse répondre, il pose sa main sur mon bras, un sourire peiné aux lèvres.

— Elle n’a pu en faire davantage. C’est mon tour de prendre le relais maintenant. Je m’appelle Eltis.

Son contact est doux, apaisant. Peut-être est-ce pour ça que je ne le repousse pas tout de suite. Ou alors peut-être est-ce parce que je viens de réaliser combien mon bras est mince.

Pas seulement mon bras. Mes jambes. Mon ventre. J’écarquille les yeux d’horreur à mesure que je prends conscience de mon état.

Mon corps… mes superbes muscles, ma condition parfaite, même… même mon teint resplendissant. Disparus.

Ne reste… ne reste plus qu’un être décharné, si mince que mes os saillent à travers ma peau.

Un geignement m’échappe. Face à moi, Eltis effleure ma joue.

— Ce qui a été perdu peut être retrouvé. À condition d’être prêt à se battre pour cela.

Sans rien ajouter, il se détourne alors et s’avance jusqu’au bord du jardin. Il hausse ensuite un sourcil et je n’ai pas besoin de davantage pour comprendre.

Je me rue à sa suite.

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