Pièce n°2222
Écrite par Jad de Salicande
Explorée par Jad de Salicande
En compagnie de Analayann, Devhinn & Ombre
Fait partie de la saga << < Chutes prophéties et assimilées > >>
À l'occasion de la pièce palier 2000, les membres de l'association du Château ont créé la trame d'une pièce collective, le souvenir d'un bal et d'un mariage, que chacun·e peut écrire et explorer du point de vue de son ou ses personnages. La musique a été composée par Dan Lazar.
Ça fait longtemps que je n’ai pas été autant en forme. Je me tiens debout, le menton relevé, les pieds fermement ancrés dans le sol, ma main droite sur la canne et l’autre…
Mon flot de pensées s’interrompt. Une canne ? Je ne me souviens pas avoir jamais possédé une canne dans ce château. Est-ce une nouvelle version de mon bâton de magicien ?
Mes yeux commencent à admirer la beauté de la pièce. Il s’agit d’une salle immense, avec des lustres en cristal pendant depuis le plafond incroyablement haut. Une foule de gens se trouve devant moi, tous avec des vêtements plus magnifiques les uns que les autres et des masques. Instinctivement, ma main gauche se porte sur mon visage. J’ai aussi un masque qui recouvre mes yeux et j’arrive à deviner que des étoiles sont incrustées dessus. Même le parquet, en bois, est magnifique : ses stries ont des couleurs et une intensité lumineuse qui changent en fonction du passage.
Mon regard dans un petit miroir posé sur une table capte mon attention. J’ai bien un masque constitué d’une multitude d’étoiles sur le visage. Je porte une boucle d’oreille dorée rhombique sur mon oreille droite, ce qui ne me déplaît pas et les paillettes argentées dans mes yeux sont plus discernables que d’habitude. Est-ce l’effet du regain d’énergie que je ressens ou un phénomène magique qui se produit autour de moi ? Je ne creuse pas plus la question car je remarque mes cheveux – ils sont coupés courts. D’habitude ils sont longs – très longs, voire trop longs – car je n’ai jamais eu le temps de les couper depuis ma captivité. Quelque chose est anormal, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Je ne me souviens pas d’une pièce ayant altéré une partie de mon physique depuis que je suis entré dans le Château.
La foule commence à se rassembler autour de la piste de danse. Je la suis et je ressens immédiatement une sensation d’inconfort : le long manteau en velours que je porte est lourd, et le bas de ce vêtement s’empêtre dans mes pieds lorsque je marche. En plus, ce n’est pas pratique de marcher avec cette canne, elle est un peu trop petite ce qui m’empêche de l’utiliser pour m’aider à marcher convenablement.
Marcher dans cette foule est inconfortable et réveille en moi une sensation étrange. J’observe les alentours avec les sentiments éprouvés lorsqu’on vit l’illusion du déjà-vu mais sans avoir une part de mon cerveau obsédée par l’idée de retrouver le souvenir associé.
Mon cœur manque un battement. À une demi-douzaine de mètres devant moi se trouvent Analayann et Ombre, et ielles sont magnifiques (jamais je n’aurais pensé dire ça d’Ombre). Je m’avance vers elleux comme si je marchais dans un nuage mais à l’instant de m’arrêter devant elleux pour leur parler, l’inconfort et l’étrangeté de la situation reviennent à moi de plein fouet. Analayann a une robe de bal élégante et un masque de plumes noires qui met en valeur ses yeux violets. Ceux-ci ont retrouvé l’éclat d’avant le maléfice qui l’a rendue aveugle. J’ai peur qu’elle me prenne pour un fou à la dévisager aussi longtemps et je reporte mon regard sur son masque. Ce sont de très belles plumes, plus belles encore que celles d’un cygne ou d’une colombe, comme si elles provenaient d’un oiseau exotique et magnifique, ou qu’elles étaient tombées tout droit d’un…
— « C’est quoi tout ça ? demande Devhinn surgissant tout droit de nulle part.
— Wow, tu étais où ? je réponds en me retournant, car il a bien failli me faire sursauter.
— Analyann… tu vois ? demande-t-il en fronçant les sourcils. »
— Tu vois Analyann? Tu es guérie ? je répète bêtement tandis qu’elle acquiesce. J’examine ses yeux du mieux que je peux – c’est à dire visuellement, sans magie : ça fait longtemps que je n’ai pas essayé de lancer un sort à ce sujet d’ailleurs .
— Ce serait trop facile, ajoute Ombre sèchement en se plaquant sur son dos.
— D’habitude, ça m’arrive quand je me retrouve dans une vision… et je crois que ça en est une. Même si c’est la première fois que je n’y suis pas seule ou que je change de tenue ou qu’il y a… tout ça, dit Analyann.
Ce qu’elle dit confirme mon intuition : nous sommes dans un endroit bizarre, et surtout rempli de magie.
— Il y a une grande magie à l’œuvre ici, j’en suis certain, j’ajoute. »
La foule frémit et commence à se mettre autour de la piste de danse, nous faisant nous serrer les uns contre les autres. Analayann s’accroche à mon bras et Ombre reste près d’elle mais je vois Devhinn partir comme si une urgence l’attendait à l’autre bout de la salle. Je l’interpelle mais il ne m’entend pas.
Deux femmes ouvrent grand les portes de la salle de bal et tout le monde interrompt sa conversation pour observer leurs robes étincelantes et leur pose élégante lorsqu’elles se mettent en place pour danser. Ce sont des magiciennes. Cette intuition se confirme par les paillettes argentées présentes dans leur regard. Elles commencent à danser et j’ai l’impression qu’elles lévitent au-dessus de la piste de danse. Chaque mouvement, chaque pirouette, chaque changement de position est accompagné d’une lumière scintillante provenant du parquet magique et des lustres en cristal. Ce sont de très grandes magiciennes. Je me demande si ce sont elles qui sont responsables de la beauté de la pièce. Quels sorts ont-elles lancé pour que ce lieu soit digne d’un décor de carte postale figé dans l’espace et le temps ?
Une silhouette observe la danse juste à côté des portes, à l’opposé de là où nous nous trouvons. Elle a une longue robe couleur émeraude et elle observe la danse avec un certain détachement. À l’instant même où la dernière note de musique retentit, elle marche dans la foule et je la perds du regard. Elle ne marche pas, elle glisse ! Cette réalisation me fait revenir brusquement à la réalité – enfin, si je peux appeler la situation actuelle la “réalité”.
— « Émérence ! chuchote Analayann à mon oreille.
— Tu crois ? je réponds, alors que le souvenir de la Créature et des horreurs qui se sont ensuivies commencent à faire battre mon cœur plus rapidement. »
J’essaie de me concentrer rapidement sur autre chose. La foule s’agite et des couples commencent à se former et à se diriger vers la piste de danse. Il s’agit d’un bal de mariage, exactement comme ceux auxquels j’ai assisté à Salicande, il y a fort longtemps. Ma mère nous avait appris à danser en duo avec ma sœur, car « même les plus simples villageois doivent savoir se débrouiller sur une piste de danse » selon ses dires. Avec un sourire, je tends ma main droite et je plonge mon regard dans les yeux d’Analyann.
— « Analayann, m’accorderais-tu cette danse ?
— Avec… avec plaisir Jad, me répond-elle.
— Tâche de ne pas lui marcher sur les pieds, maugré.e Ombre en s’éloignant de ma toute nouvelle partenaire de danse.»
Je me rends compte de ce que je suis en train de faire (c’est la première fois que je propose à une fille qui n’est pas ma sœur de danser avec moi) et je sens une bouffée de chaleur m’envahir. Analayann tremble un peu en approchant avec moi sur la piste de danse – je suppose qu’elle a froid, sa robe laisse son dos dénudé – alors je lui propose ma lourde cape. J’en profite pour essuyer mes mains qui commençaient à devenir moites. Ombre propose gentiment de me débarrasser de ma canne, ce que j’accepte volontier – elle était beaucoup trop encombrante de toutes les façons.
Un air de violon se met à jouer, aussitôt accompagné par des instruments à vent et une harpe. J’ai de la chance, le rythme est lent et facilement perceptible et je me remémore les pas de la valse Salicandaise, heureusement facile à réaliser. Je mets ma main gauche en l’air, à la hauteur de mon visage, et j’invite Analyann à placer sa main droite sur ma main gauche et sa main gauche sur mon omoplate. Délicatement, je place ma main droite sur son dos, juste au-dessus de sa hanche. La cape permet que je ne lui touche pas la peau de son dos directement et ça me soulage un peu, je n’aurais pas souhaité rendre ce moment désagréable pour elle. Je la guide pour qu’on puisse tourner ensemble sans avoir à trop bouger le long de l’espace de la piste de danse. J’hésite à la regarder dans les yeux, j’ai peur que ça ne me déstabilise trop. La voir sourire et se laisser porter ainsi par la musique et par la danse me rend heureux. Je me détends et je profite de ce moment simple, ressentant un bien être et une paix intérieure pour la première fois depuis mon arrivée dans le Château. La musique s’emballe et j’essaie une figure que j’avais tenté au dernier bal que j’avais fait – quelque temps avant de partir au Château : je pose mes deux mains sur les hanches d’Analayann et la porte en tournant sur moi-même juste une fois. En la reposant, j’ai peur d’avoir été trop brusque mais elle ne semble pas plus choquée que ça, juste un peu essoufflée. La musique se termine et j’aperçois un buffet au loin. Une pensée surgit dans mon esprit : est-ce qu’on pourrait considérer ce qu’il se passe comme un rendez-vous ? Un bal, une danse, un buffet… l’audace de cette réflexion me fait monter le rouge aux joues et j’essaie d’effacer ma gêne en proposant un verre à Analayann tout en nous dirigeant vers le buffet, nos mains toujours liées.
Je lâche la main d’Analayann presque par réflexe lorsque je vois sur la table une tarte aux myrtilles. L’eau me monte quand je me rends compte en m’approchant de la table qu’elles sont encore chaudes. La fin de l’été à Salicande et les préparatifs de la fête du village me reviennent à l’esprit, avec eux son lot de préparation de tarte à la myrtille, un des symboles culinaires du village, mais avec en récompense le bonheur de manger celles qui sortaient juste du four !
Je me tourne pour faire part de ce souvenir à Analayann mais je ne la vois plus. Disparue. Comme si cette foule l’avait avalée. Je lève ma tête et je constate que les lustres semblent avoir perdu de leur éclat, leur matériel ressemblant plus à du simple verre que du cristal désormais. Et j’ai l’impression que le plafond est beaucoup moins haut que lors de mon arrivée dans la pièce. Je pose mon regard vers la vasque au milieu de la pièce et je revois la silhouette vêtue de la robe émeraude juste derrière. Et ces yeux qui me fixent. J’essaie de m’extraire de la foule pour la rejoindre – ce visage est si familier, et un élan de gratitude m’envahit à chaque fois que je pose mon regard dessus – mais la foule est trop compacte et se dirige vers le même endroit que moi. Frustré, j’arrive au pied de la vasque mais la silhouette a disparu. Je m’apprête à repartir – je n’ai aucune idée de ce que les gens peuvent bien attendre – lorsque l’officiant de la cérémonie et le couple de magiciennes viennent se placer sur l’autel. Tout le monde se tait et la pièce est plongée dans une atmosphère solennelle et mystique. Quelque chose de très important va se dérouler sous mes yeux, je le sens à la concentration des magicien-nes et au sort de projection de voix que le prêtre est en train de se lancer.
« – Vous élèverez-vous par votre Magie et l’unirez-vous sur la voie des Principes Ancestraux qui gouvernent nos Peuples, nos Terres et nos Mains ? questionne-t-il.
– Oui, répondent les deux femmes.
– En présence de vos Matiasmata, manifestations de vos Pouvoirs, Sources et Preuves de Votre Amour, devant tous ceux et toutes celles qui sont ici réuni-es, si quelqu’un s’oppose à cette union, qu’il ôte son masque sur le champ ou reste Occulté jusqu’à la fin des Temps. »
Un homme visiblement alcoolisé s’approche de l’autel et commence à déclamer un discours approximatif. Je ne m’attarde pas car l’officiant replace sa longue capuche un court instant et j’ai le temps de voir son visage. C’est mon Maître. C’est mon Maître ! Celui qui m’a appris la magie, mais lorsqu’il était jeune, il a l’air d’être dans sa trentaine !
Je ne savais pas qu’il officiait des cérémonies de mariage mais il m’avait parlé à l’époque des rituels d’unions entre magicien-nes lorsque je lui avais demandé pour blaguer s’il était possible de lancer des sorts pour faire tomber des gens amoureux de nous.
« Non, mais il existe un rituel, un sort extrêmement complexe et puissant que deux magicien-nes amoureux-euses peuvent lancer pour sceller leur amour éternellement. m’avait-il dit. Plus personne ne fait ça de nos jours – et certainement pas dans l’ancienne version en castelain – mais ce rituel permet de garder un lien magique puissant et contrôlé entre deux personnes jusqu’à leur mort aux deux, mort qui se produira forcément simultanément. En parlant de ça, il faudrait que je t’enseigne le sort de projection de voix tiens. »
Je suis en train d’assister à un des rituels de magie les plus complexes qui soit ! Ma curiosité est à son comble, hormis les sortilèges basiques je n’ai jamais eu la chance de voir un.e magicien.ne performer un sort un tant soit peu complexe. Et la magie de ces deux magiciennes est tellement exceptionnelle ici qu’il n’y a que quelque chose d’extraordinaire qui va pouvoir sortir de ce rituel et de cette union magique.
Mon Maître reprend la parole :
« Il est temps à présent d’échanger vos Matiasmata et ainsi de sceller votre Union. »
La concentration des magiciennes et la tension autour d’elles sont montées d’un cran. Théomance est d’un calme impressionnant, tandis qu’Émérence est un peu fébrile. Théomance sourit pour la rassurer et Émérence réagit en inspirant un grand coup.
« Acceptez-vous que la Trame du Monde entende votre serment et le fasse irrévocable ? demande le Maître
— Nous acceptons qu’elle l’entende, qu’elle l’inscrive dans les Fils de sa Toile qui ne seront défaits qu’après la Fin de Tout, répondent Théomance et Émérence en même temps. »
Ça y est, le rituel est lancé. Pour l’instant le Maître pose des questions d’usage auxquelles répondent alternativement les deux magiciennes, comme il me l’a déjà expliqué cela sert à poser les fondations des sortilèges complexes. J’arrive à percevoir un lien qui se crée entre les deux, une sorte de flux d’énergie ou de pont connecté à leur âme – c’est ce qui me paraît le plus logique au vu de la nature du sort.
Le Maître lève ses bras vers le plafond puis les pointent vers la vasque :
« Que l’Équilibre se rompe et se fasse de nouveau car deux Puissances choisissent aujourd’hui de n’être qu’Une !»
Rompre l’Équilibre ? Les sorts usuels que je connais altèrent l’intégrité de l’Équilibre et ça peut déjà causer de graves problèmes au magicien qui lance le sort mais le rompre ? Je prends conscience désormais de l’extrême dangerosité de ce qui est en train de se passer.
Émérence récupère un collier dont le pendentif est un coquillage dans la vasque. Il doit s’agir d’un Matiasmata. Elle se place devant Théomance avec l’objet.
« Que Théomance entende le souffle d’Émérence dans ce Coquillage et que ce souffle devienne Monde, reprend le Maître. »
Émérence souffle sur le coquillage. Il ne s’agit pas d’un simple souffle, il est insufflé de magie. Je ne pensais pas qu’un tel geste était possible !
« J’entends son souffle, je le reçois et je l’accueille en moi, dit Théomance une fois le souffle de magie reçu.
— Que dit-il ? demande le Maître.
— Il me raconte les songes qui ont été, qui sont et qui seront. Il me raconte le bruissement des feuilles et le grincement de la balançoire au fond du Jardin des Dunes à la nuit tombée. Il me raconte la mélopée sahudienne que chantait sa mère quand elle pétrissait le pain et le rire de son père quand il la portait sur ses épaules. Il me raconte aussi le battement des ailes des papillons lors des Grandes Floraisons de printemps. Il me raconte encore les craquements des pages des grimoires de la Bibliothèque du Symphomor. Il me raconte enfin les soupirs des étoiles lors des veillées où la Lune se cache et ce qu’Émérence leur chuchotait en réponse, en secret. »
Émérence passe le collier autour du cou de Théomace et le lien magique que je perçois entre les deux femmes disparaît une fraction de seconde avant de réapparaître, plus lumineux et plus visible qu’auparavant. C’est donc ça la rupture de l’Équilibre. La lumière qui émane de ce lien pulse à un rythme chaotique, de temps en temps à un rythme calme et posé et de temps en temps à un rythme frénétique, comme s’il essayait de se caler sur le rythme cardiaque des deux magiciennes. Théomance sort un collier de perles de la vasque et se tourne vers Émérence. Mon Maître reprend la parole :
« Qu’Émérence voie le reflet de Théomance dans ces perles et que ce reflet devienne Vie.
En agitant le collier, Théomance crée un nuage de magie qui se dirige vers Émérence. Elle continue :
— Je vois son reflet, je le reçois et je l’accueille en moi.
— Que montre-t-il ? demande le Maître.
— Il me montre ce qu’il advient ici, ailleurs et en tous lieux. Il me montre l’écume et l’onde qui courent à l’assaut des vagues des Grandes Eaux au-dessus de l’Abîme. Il me montre la douceur de ses gestes quand elle pansait les plaies des tortues et le choc des larmes… commence-t-elle, la voix tremblante, comme habitée par les souvenirs atroce qu’elle décrit.
— des lames croisées avec ses adelphes, continue-t-elle. Il me montre les mystères du Conseil des Charmeurs d’Astres, cachés derrière les portes qu’elle ne pouvait franchir. Il me montre les fissures, les blessures que le poids de son savoir creuse en son sein. Il me montre aussi la patience infinie avec laquelle sans cesse elle se sépare… RÉPARE ! termine-t-elle en criant. »
Je mets une seconde à comprendre la gravité de l’erreur commise par Émérence. Un simple lapsus, qui ne me paraît être pas grand chose au début, mais lorsque je vois la terreur apparaître dans les yeux de Théomance, du Maître, je réalise. L’Équilibre est rompu. Et quand l’Équilibre est rompu en magie, quelqu’un ou quelque chose doit payer – en général la personne qui lance le sort. Je me tourne vers Émérence, par peur de ce qui va arriver, lorsqu’à cet instant le lien magique réapparaît. Il a disparu bien plus longtemps que la fois d’avant. Je ressens du soulagement mais immédiatement je vois que sa nature change et que la lumière s’intensifie de plus en plus, projetant des ondes de chocs de magie. Qui s’abattent sur Théomance uniquement. Un bruit sourd envahit mes oreilles et la lumière provoquée par ce phénomène m’aveugle momentanément alors que je chute sur le sol qui se fissure de plus en plus.
J’entends un rugissement et un fracas de perles qui tombent. J’essaie péniblement de me relever, de voir où sont les autres, de voir où est Analayann mais je ne peux pas. Je lève la tête vers l’autel et une fois de plus j’aperçois cette silhouette à la robe émeraude – serait-ce la Guérisseuse ? – se diriger vers une des sorties de la pièce. Elle me regarde dans les yeux et je vois sa bouche bouger mais je n’entends pas ce qu’elle dit. En essayant de m’appuyer sur le sol pour me relever une deuxième fois, je sens qu’une perle du collier se situe juste sous ma main. Je relève la tête une fois de plus et je ne vois plus rien. Juste du noir. Du noir et du vide.
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Haha c’est rigolo de lire la pièce après avoir vu la représentation ^^
Je n’y avais pas pensé mais c’est vrai que Jad connait plein de choses sur la magie. C’était intéressant de le voir prendre conscience de ce qu’est réellement le rituel. Et la découverte de son maître quoi XD
Je m’y attendais pas à celle-là ^^
Je me fais peut-être des illusions mais Ombre a l’air plus agréable et moins fixé.e sur Analayann ? À voir en lisant sa pièce ce qu’il pensait vraiment…