Pièce n°1799
Écrite par Louve
Explorée par Olive Vonderlug
Je pousse la poignée de porte. Ça grince. Ça fait grincer mes dents aussi. Je déteste les bruits de porte. Je pourrais dégonder la porte, mais je suis pas sûre que ça plaise aux habitants… Fin, s’il y en a. Pour le moment, j’ai croisé personne. Tant mieux. J’aime pas beaucoup les gens.
Heureusement, je n’ai pas besoin de dégonder la porte. En fouillant dans mon sac, je tombe sur un flacon d’huile d’olive. Idéal pour manger avec des tomates et de la mozza, mais aussi pour graisser les gonds des portes qui grincent.
Aaaah, tout d’un coup, ça va mieux. Je peux ouvrir les yeux maintenant.
Autour de moi, une… salle de bain ? Il y a un nombre incalculable de pièces dans ce château et je suis rentrée dans une salle de bain ?! Eh bien… C’est pas mon désir d’aventure qui va être comblé aujourd’hui.
Je m’approche de la baignoire. Je crache un coup dedans. J’ai un gros rhume depuis deux-trois jours. Alors que je croise personne. Va chercher la logique.
— Bonjour, lance une voix beaucoup trop proche de moi.
Je dégaine mon sabre immédiatement.
— Qui va là ? Avancez !
— Bonjour, répète la voix sur le même ton monotone.
En plus, ça se fiche de moi ? Il va tâter de mon sabre, lui ! Ou elle ? Peu importe ! L’important, c’est qu’on ne se moque pas comme ça d’Olive Vonderlug !
— T’vas voir c’que tu vas voir, ma grande, craché-je entre mes dents.
J’avance vers le lavabo. Aucune cachette possible. La pièce est à peine assez grande pour accueillir quelques humains debout… A moins de se recroqueviller dans un meuble, peut-être…
J’ouvre le meuble au-dessus du lavabo. Ça me paraîtrait étrange qu’il y ait un humain là-dedans, mais on ne sait jamais… Les sorcières peuvent changer de taille…
Et là…
— Bonjour. D’après l’analyse de votre sudation et de votre température corporelle, vous êtes stressé(e)… Je peux vous proposer une douche froide pour vous rasséréner si vous le souhaitez.
Une douche froide ???? Mais ça va pas la tête ??? Cette personne se fiche de moi… C’est certainement une sorcière ! Je vais lui montrer de quel bois je me chauffe !
— Tu vas te montrer, oui ?!
— Très bien. Processus de douche froide enclenché. Voulez-vous que j’active également les affirmations positives ? Je vous rappelle qu’en cas d’absence de réponse, les affirmations positives se déclenchent automatiquement dans dix secondes…
— Mais… Mais… bredouillé-je.
Une pluie d’eau glacée me tombe soudainement dessus. Je suis trempée ! Et je suis frigorifiée. C’est quoi cet endroit ? C’est quoi ce sortilège maléfique ?
— Tu comptes beaucoup pour moi. Même si je ne suis qu’un meuble de salle de bain.
Je n’arrive pas à arrêter cette douche glacée. Je ne peux plus bouger ! Mes pieds sont pris dans le sol !! J’essaye de réfléchir mais avec ces horreurs affectueuses près de mon oreille…
— L’univers t’aime beaucoup, continue la voix.
Bon sang ! J’ai affronté des centaines de pirates, pris le contrôle de dizaines de bateaux, sauvé quarante-trois princes (et demis, parce que le douzième n’avait pas besoin d’être sauvé, en fait, donc je le compte pas complètement), tué trois ou quatre dragons… Ce n’est pas pour me faire victimiser par une salle de bain !
Coucou ! J’ai beaucoup ri en lisant ta pièce, j’adore le côté tatillon-farfelu de ton personnage (sortir l’huile d’olive pour graisser la porte, il fallait le faire). Merci pour cette chouette lecture 🙂
Merci 🙂 J’aime beaucoup l’adjectif « tatillon-farfelu », je crois que ça détermine parfaitement Olive ^^
Félicitations d’avoir découvert la dixième salle de bain du Château ! La plupart des explorateur-ices ne doivent pas sentir la rose…
J’adore cette pièce, elle est super inventive. Parler à un meuble de salle de bain caractérisé par sa positivité toxique est vraiment une idée incroyable.
Quoiqu’il en soit, bienvenue dans le Château, j’espère que tu y trouveras ta place ! 🙂
Merci beaucoup 🙂 En tous cas, Olive ne sent clairement pas la rose (peut-être un peu l’olive, vu qu’elle a de l’huile sur les mains…) !
Merci d’avoir fait de la pub pour cette idée géniale, je m’éclate à chaque fois que j’écris ou lis une pièce 🙂