Pièce n°1868
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Le rai de lumière était trompeur. Ce n’est qu’un solitaire, échappé d’un projecteur, qui s’est faufilé entre deux rideaux. De l’autre côté, une scène encore, autre, différente, et du mien un passage étroit, celui des coulisses dans lesquelles je me faufile. Il y a du bruit. Musique, éclats de voix théâtraux, murmures et sifflements de cordes. Autour de moi, ça monte, ça descend, des poids accrochés au plafond qui dansent au gré des décors sur scène. Certains s’envolent sans prévenir, d’autres s’écrasent au sol à quelques pas de moi à peine avant de décoller aussitôt. Il y en a bien un qui finira par me tomber sur la tête, si je ne prends pas garde. Je me hâte, désireux de sortir d’ici au plus vite.
Pas de porte.
Ah.
L’étroit passage se conclut par un cul de sac dans lequel m’échoue.
— Le demi-tour ne fait pas partie des options, si ? je demande à voix basse au lutin.
Accroché au rebord de ma poche, il secoue doucement son grelot. Pas de demi-tour. Par où aller, alors ? Un bruit sourd qui me fait sursauter, quand un poids tape contre le plancher, là, juste là. La corde s’est détendue d’un coup et vient frotter contre mon bras. Instinctivement, mon regard la suit, le remonte vers les hauteurs.
— Là-haut ? Vraiment ?
Je grimace, soupire avant de me résigner face au bruit de grelot désabusé. En continuant de maugréer dans ma barbe, je monte sur le poids qui semble m’attendre. Je resserre mon étreinte sur la boîte à musique et m’accroche de toutes mes forces à la corde. Aussitôt, sans me laisser le temps de changer d’avis ni prévenir, la corde se tend et le poids s’envole. Et moi avec.