Pièce n°1866
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan
Tout disparaît avec le rideau qui tombe derrière moi. La lumière, le moindre bruit. Plongé dans l’obscurité et le silence total, j’écoute le son de ma propre respiration que le tissu qui m’entoure me renvoie dans la figure. Il est partout tout autour de moi, me frôle les bras, effleure mon dos. La main tendue devant moi, j’écarte les lourds pans qui semblent ne jamais avoir de fin, me libérant petit à petit le passage. Le cocon perpétuel dans lequel je progresse étouffe le son de mes pas, celui du grelot du lutin. Par intermittence, je raffermis ma prise sur la boîte calée sous mon bras car l’étoffe qui l’enveloppe glisse contre mon vêtement.
Au bout d’un temps indéterminé, mon pied tape dans un tas de tissu roulé en boule par terre, je m’accroche au pan le plus proche pour ne pas perdre l’équilibre. Avec précaution, je me penche, tâte à l’aveugle l’obstacle. Rien qu’un pan de tenture qui a dû se décrocher et qui s’amasse désormais dans la poussière. Un nid confortable pour se rouler en boule et se reposer un moment. L’envie m’étreint, l’hésitation me prend. Puis un tintinnabulement de grelot me sort de mes songes éveillés et je me relève en secouant la tête. Je m’enfonce dans le tas tandis que je l’enjambe, reprends ma progression de l’autre côté.
Celle-ci est la même qu’avant ma pause, jusqu’à ce qu’un rai de lumière perce enfin tandis que j’écarte un énième pan de tenture. La luminosité croît de plus en plus, jusqu’à devenir éblouissante, m’obligeant à fermer les yeux, alors que j’émerge enfin de la succession de rideaux.