Pièce n°1895
Écrite par Didou
Explorée par Sora
C’est pas ma faute, je promets ! Moi je voulais juste ouvrir le joli livre, je pouvais quand même pas savoir qu’il allait devenir de la poussière. C’est pas écrit dessus qu’il est plus vieux que papa. Lui au moins, il a ses plis sur le front pour le dire.
La bonne nouvelle c’est que je crois pas qu’on m’ait vu. Puis aussi qu’il y a encore tout plein de livres dans la pièce. Personne remarquera qu’il en manque un.
Je pousse un soupir tout soulagé et juste pour être sûr, j’essaie de cacher un peu le trou que j’ai fait dans la bibliothèque.
C’était pas ma meilleure idée. À peine j’ai touché un autre livre que paf ! lui aussi, il devient de la poussière.
Je m’arrête devant le nouveau tas puis très très lentement, je tourne sur moi-même. Personne. Encore. Ouf.
— J’ai pas fait exprès, je dis quand même au cas où.
« Regarde avec les yeux », me répétait souvent papa. Je crois que je commence à comprendre pourquoi.
Je fais un pas en arrière, mets les mains dans mes poches pour les empêcher de bouger sans que je m’en rende compte et lis rapidement les titres devant moi.
Il y a en beaucoup qui parlent de la mer. Certains ont des coquillages sur la tranche de la couverture, ils sont jolis. Par contre, il y a plein de mots que je comprends pas comme dans « Et au firmament, Az Eros l’immortel ».
J’aimerais bien savoir ce qu’est un firmament. Pareil pour un Az Eros. Ça doit être rigolo au vu du nom. Peut-être un quelque chose qui fait de la musique ?
Je hausse les épaules en me promettant de demander à papa quand je le retrouverai puis je continue de parcourir la bibliothèque.
Sauf qu’au bout d’un moment, je sens qu’il y a comme des fourmis qui marchent sur mes mains. Et je sais ce que ça veut dire. Je vais pas pouvoir tenir bien longtemps avant de toucher un livre, surtout que j’arrive vers des BDs trop trop chouettes.
Peut-être que…
Hum. Non. Elles tombent aussi en poussière.
— Je… je m’en vais. Désolé hein, je dis avec une grimace.
Je me détourne alors de la bibliothèque et aussi discrètement que possible, rejoins la porte dans le fond de la pièce.