Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LA GALERIE COMMERCIALE
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Pièce n°1896
Écrite par Sol'stice
Explorée par Loan

 Je trouve sur le mur, juste à côté du rideau, une fente de laquelle dépasse un bout de papier brillant. Il y a imprimé dessus mon visage, trop sérieux, qui regarde droit devant. Je lis dans mon propre regard que je n’ai aucune idée de ce qu’il se passe, et je n’ai pas plus de réponses maintenant. Machinalement, je fourre la photo dans ma poche et m’écarte, pour me faire happer aussitôt par le flot des personnes. Elles circulent, épaules contre épaules en une masse compacte, dans le passage étroit qui s’étire entre deux rangées de magasins qui se succèdent. Compressé, emporté malgré moi, je vois défiler les devantures, toutes plus colorées et lumineuses les unes que les autres, comme des fleurs qui déploient leurs plus beaux pétales pour attirer les papillons. Preuve de leurs succès, les portes ne cessent de s’ouvrir au son des carillons, laissant filtrer quelques notes de mélodies indistinctes qui se mélangent avec le brouhaha de l’allée principale. Au milieu de ce spectacle si éclectique, et pourtant uniforme, je repère une enseigne toute simple, accrochée au-dessus d’une porte que personne n’emprunte. Je suis incapable de lire ce qu’il y a marqué dessus, mais son étrangeté et son manque de popularité – comme si personne de toutes celles et ceux qui passent devant ne la voyait – m’attire. Je joue alors des coudes pour arrêter de dériver et m’y diriger, tant bien que mal. Ce n’est pas facile, j’ai l’impression de lutter contre le courant d’une rivière capricieuse, mais enfin les vagues de cette dernière me déposent – m’expulsent presque – sur le pas de la porte convoitée. Je suis soudain seul, comme si toutes les autres évitaient inconsciemment cet endroit. La vitrine, bien plus petite que ses voisines, est sombre, ne me laissant pas voir ce qu’il se trouve de l’autre côté. Ça me fait hésiter, quelques secondes, et je passe la porte.

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