Pièce n°2233
Écrite par Quokka Cola
Explorée par Ifa
En compagnie de Ama'
Fait partie de la saga << < Le Cygne Gris > >>
Pièce du Casteltober 2025 - Jour 23 : acrostiche
Il n’y a personne dans la pièce. Sur ma gauche se trouve une rangée de cabines de toilettes, et sur ma droite une rangée de cabines de douches. De petits poèmes gravés dans la pierre de taille ornent les murs. Des acrostiches, je crois. Au centre, il y a un grand nombre de lavabos arrangés en cercle. Au-dessus, des miroirs me renvoient le reflet d’une personne épuisée et écrasée par les derniers jours. Je referme la porte de la pièce. De chaque côté, une centaine de cases contiennent brosses à dents, dentifrices et crèmes diverses. Une grande quantité de savons, de shampoings, masques, huiles et crèmes sont cependant disponibles en libre-service au-dessus. J’imagine que toutes les lavandières doivent sentir bon.
Je ne sais pas quand j’ai profité d’un tel luxe pour la dernière fois. Je ne suis pas sûre que ce soit déjà arrivé dans mon ancienne vie. Y repenser me donne mal à la tête. Enfin, encore plus mal à la tête. Mes souvenirs refusent de me revenir, et – secrètement – je n’ai pas envie qu’ils reviennent. Ama’ est intéressée par ce qui se présente devant nous, alors je prends le temps de choisir ce avec quoi je vais me laver. Je finis par choisir une huile lavante à l’amande douce, et un shampoing à la lavande. L’odeur m’est réconfortante.
L’eau est chaude. Je baisse un peu la température. J’ai trop chaud ces derniers jours. Ancasta avait raison. La douche me fait du bien. J’ai l’impression de faire s’écouler par le drain une crasse accumulée depuis plusieurs mois, et au fond, c’est le cas. J’ai du mal à laver mes cheveux. Même si je les garde souvent attachés en une tresse, ils se sont emmêlés. Lorsque je sors de la douche, je m’emmitoufle dans une serviette chaude et douce. Le choix était large, comme pour les produits. J’en ai choisi une verte foncée.
Près des lavabos, une petite trousse contenant brosse à dents, dentifrice, brosse à cheveux, désinfectant et crème pour le visage au karité m’attend. Ancasta a dû revenir pour la déposer. L’attention me donne de nouveau envie de pleurer. J’ai envie de croire que cette dame est vraiment gentille et qu’il n’y a pas que des monstres autour de moi. Ama’ y croit en tout cas. Elle pense avoir un bon jugement en ce qui concerne les âmes, mais je ne peux pas oublier cette fois où elle m’a soufflée de lâcher prise lors du bal. Je pense qu’elle le regrette. Pourtant, moi aussi j’ai ignoré mon jugement. Et la vérité, c’est que par moments, l’inconnu du rêve me donnait vraiment l’impression d’être en sécurité. C’est le problème avec les rêves. On les manipule sans trop de difficultés, pour certains. Et lui semble être passé maître en ce domaine.
Je prends le temps de désinfecter mes blessures. Ça devrait le faire. Ama’ me souffle d’utiliser la crème pour le visage. C’est puéril, mais je le fais quand même. Ça me conforte dans l’idée que la vie ici sera calme et douce. Je ne sais pas si c’est une bonne chose. J’ai peur de tomber de trop haut. En même temps, je suis au plus bas.
Avec la trousse se trouvait une robe blanche à fines bretelles. Ça ressemble un peu à une chemise de nuit. Je l’enfile, dépose la petite trousse dans un casier vide, et je sors rejoindre Ancasta.
Booon, Ifa a du mal à apprécier le moment, ce qui est normal, mais dans l’ensemble, cette douche a l’air de lui faire du bien. J’espère que c’est un bon présage pour la suite.
(Rien à voir mais j’avais pas fait attention : c’est trop bien de pouvoir naviguer à travers la saga depuis le bas maintenant :o)