Tout au bout du bord de l’extrême, derrière les dernières montagnes du Monde, s’élève le Château des 100 000 pièces Les murailles, et les tours et les étages de ce palais s’élèvent, à ce qu’il vous paraît, bien au-delà des nuages, au-dessus des cimes.
LE COULOIR SACRÉ
LE COULOIR SACRÉ

LE COULOIR SACRÉ

Pièce n°2298
Écrite par Harry Queaut
Explorée par Lulel

“Je m’appelle Massillie, d’ailleurs. Et toi ? Tu n’es pas obligé de répondre, bien sûr, mais si tu le souhaite, ce serait avec plaisir.” 

J’hésite un instant de trop et décide de lui donner le prénom de ma mère. “Margaredd.” 

Si elle remarque que je lui ai menti, elle ne s’en formalise pas et me sourit simplement lorsqu’elle se retourne. 

“C’est joli, j’aime beaucoup.” 

“Merci. J’aime bien Massillie, aussi.”

Elle hoche la tête en réponse, souriant toujours. 

Je l’ai suivie, d’abord jusqu’à l’autel puis, le dépassant, jusqu’à la base d’une des arêtes du dôme. Là, elle a poussé contre l’un des immenses triangles colorés et une ouverture s’est révélée, un grand rectangle, comme une porte, qui nous a laissé traverser un couloir dont les murs, couverts du sol au plafond d’étagères, débordaient presque de constructions de très différentes les unes des autres. Tintements, bourdonnements, rengaines, mélodies, des montages de merveilles à portée de la main. 

“Tu peux les toucher, mais on préférerait les laisser être, simplement.”

“Est-ce que ce sont… des offrandes ?”

“Hm… C’est une bonne question… Oui et non. Je, c’est comme pour Création, je ne suis pas la plus douée avec les mots, les autres pourront probablement mieux te l’expliquer que moi, si tu veux bien.” 

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“…o-o-ow ! Pardon, j’aurais dû me douter ! Avec une polarité pareil, ça peut avoir cet effet sur les machines, j’aurais dû te prévenir, pardon… Ça va ?”

Ma respiration est rapide et saccadée. Une douleur sourde, au niveau de mon omoplate (de la base de mon bras mécanique). 

Une des constructions, dans le couloir l’a apparemment momentanément déréglé, l’attirant comme un aimant et me tirant brutalement avec lui, tirant sur les attaches… J’interromps ce fil de pensée. Je n’ai jamais aimé réfléchir à la jonction entre ma colonne vertébrale et les mécanismes. Tournant la tête vers le carnet, je remarque aussi les barres que la main semble avoir écrit pendant qu’elle a été affectée par la construction. J’oublie parfois à quel point elle est machine, pas vraiment partie de moi. Je me demande si c’est un code, ou aléatoire. Je fais une grimace, mi-douleur, mi-dégoût, sentant le bout de doigts contre la chair tendre de mon épaule, sautant vers l’avant pour m’y soustraire. 

“Pardon ! Je ne voulais pas… Je voulais juste… J’ai été curieuse alors que je voulais juste m’assurer que ça allait, pardon-” 

Massillie, je comprends, alors qu’une nouvelle force me happe. Elle a dû se faufiler derrière moi. Je sens mon cœur se soulever, à la fois par qu’elle m’a touché et à cause du vertige qui vient avec ma chute – laquelle est trop longue pour être normale. Et merde, je pense, les contours et l’espace autour de moi s’effaçant, c’est quoi encore ce bordel ?

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