Pièce n°1870
Écrite par Jad de Salicande
Explorée par Jad de Salicande
En compagnie de Analayann, Devhinn & Ombre
Fait partie de la saga << < Chutes prophéties et assimilées > >>
Je cours sans me soucier des autres, même si le poids du sac me ralentit et que la nourriture que j’ai engloutie auparavant fait naître des sensations bizarres au niveau de mon estomac. Je manque de me cogner sur un petit étal à journaux posé contre le mur, et j’ai le temps de lire un des titres, « Une nouvelle journée noire dans le métro Parisien », avant de reprendre ma course. Devhinn est juste à côté de moi et j’entends les pas maladroits d’Annalayann pas très loin derrière nous. J’apprécie qu’Ombre puisse la guider dans des moments comme celui-ci.
À moins de dix mètres de nous, je vois une dame sortir du bâtiment par une porte qui vient de s’ouvrir automatiquement sur le mur de droite. Ce n’est pas la première personne qui sort par là, mais cette dame attire mon attention car elle nous dévisage et j’ai le temps de l’observer : elle a une taille moyenne, des cheveux châtains clairs avec une coupe au carrée et de très grosses lunettes violettes qui la font ressembler un petit peu à une mouche. Elle se détourne de nous et sort juste avant que les portes ne se referment. Je pointe du doigt l’ouverture en m’assurant qu’Annalyann et Ombre sont suffisamment proches de nous pour voir mon geste et j’en profite pour vérifier qu’aucun vigile ne soit sorti de sa sieste. Pour l’instant personne ne s’est élancé à notre poursuite mais je sais très bien que le Château nous réserve toujours des surprises de toutes sortes.
La porte automatique vient de se refermer, mais j’ai vu que la dame était sortie sans avoir à toucher quoi que ce soit : je continue ma course, et je me cogne violemment sur l’interstice entre les deux pans de la porte. Je retombe sur une sorte de boîtier noir qui m’effleure le bas du dos. La douleur que je ressens est vive mais je sais d’avance qu’elle passera rapidement, ce que j’ai plus de mal à supporter et le regard mi-incrédule mi-désapprobateur de Devhinn et Ombre, cet-te dernier-ère n’hésitant pas à secouer la tête pour signifier son reproche.
«Tu aurais pu réfléchir avant de te jeter sur la porte non ? Là nous perdons du temps, dépêche-toi de te relever, assène-t-iel.
— Déjà qu’on a perdu du temps pour que vous puissiez chercher à manger… maugrée Devhinn à demi-mots. »
Je lève les yeux au ciel, sachant pertinemment que nous n’aurions pas tenu trois pièces si nous n’avions pas emporté un minimum de nourriture avec nous, et je les referme aussitôt car du sang en profite pour se glisser dans mon œil droit. Je porte la main à mon front et je m’aperçois que mes doigts deviennent mouillés immédiatement – la plaie saigne beaucoup, même si la douleur est largement acceptable. Je commence à fouiller dans mon sac à dos mais Annalayann m’interrompt : « Laisse, je m’en occupe ». Elle s’est agenouillé auprès de moi, avec un t-shirt propre de son sac à dos, et essaye de trouver ma plaie en tâtonnant. « Ici », je lui réponds, en guidant sa main. « Je vais m’occuper d’appliquer la compression, je ne sais pas si tu veux que je te rende le t-shirt après ? », j’ajoute en esquissant un sourire. Elle lâche un petit rire.
Je me rends soudainement compte que c’est la seule personne qui compte vraiment à mes yeux dans cette équipe hétéroclite. Ombre a toujours été avec elle mais je ne ressens pas d’affection particulière pour ellui, surtout vu sa réaction face à ma chute. J’ai l’impression que Devhinn est juste là pour poursuivre ses propres intérêts, et qu’à l’instant où nous ne suivrons plus sa volonté, il en profitera pour continuer sans nous. Je ne sais pas exactement ce qu’il fait avec nous, mais il a l’air très préoccupé par ce Eno, bien qu’il n’ait pas souhaité nous en dire plus pour le moment. Une petite phrase pour dire que c’est son ami, son frère ou son amant ne serait pas de trop, non ?
Je sors de mes pensées lorsqu’Annalayann me tend son bras pour m’aider à me relever et que Devhinn s’écrit : « il y a une porte là-bas ! Et avec une poignée ». Ombre en profite pour me relancer un regard en coin avant de se placer à côté d’Annalayann pour l’aider à se déplacer.
En arrivant devant la porte, Devhinn essaye de l’ouvrir mais elle ne coopère pas. Sous l’effet de la frustration, il y donne un grand coup de pied et elle s’ouvre en grand, comme par magie…
Sans m’attarder sur cette ironie du sort, je suis Devhinn qui est déjà rentré dans la pièce suivante, une question en tête : qui est donc cet Eno qu’on essaie désespérément de rattraper ?
<< < Chutes prophéties et assimilées > >>
Bon bah autant pour la cohésion de groupe XD
En vrai, Eno n’est ni l’ami ni l’amant ni le frère de Devhinn, je crois. Ils ne sont restés que très peu de temps ensemble, je dirais une sorte de mentor ?